‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 41 sur 191 · LE VINGT JUIN · texte numérisé non relu

LE VINGT JUIN

Depuis trois mois, le ministère girondin était au pouvoir, et grâce à sa connivence au moins tacite l'Assemblée législative continuait à saper les derniers fondements du trône. Le 29 mai, après une discussion animée, elle vota la dissolution de la garde constitutionnelle du roi, et envoya son commandant, le duc de Brissac, rejoindre à Orléans le ministre Delessart 1 .

Ce décret produisit une immense joie parmi les Jacobins et leurs adhérents ; le soir ; ils se portèrent en foule autour de la salle du manège pour présenter, disaient-ils* leurs hommages aux législateurs, mais' aussi pour faire retentir les environs des Tuileries de l'air du Ça ira 3 « cet air fameux, disait à cette occasion le maire

1. Nous les y retrouverons toU3 les deux lorsque nous raconterons plus tard l'enlèvement des malheureux prisonnière de la haute cour et leur massacre à Versailles.

de Paris, qui réjouit les patriotes et fait trembler leurs ennemis 1 . »

L'Assemblée avait craint que la cour ne songeât à résister, et, sur la proposition de son comité de surveillance, elle avait décrété, dès le 28, qu'elle resterait en permanence; mais elle fut bientôt rassurée; elle apprit presque en même temps que le roi avait sanctionné le décret, que M. de Brissac était arrêté , et que le licenciement s'était effectué paisiblement. Aussi, Pétion ayant annoncé qu'il n'y avait plus rien à craindre, la permanence fut levée le 31 au soir 2 .

En sanctionnant le décret du 29, Louis XVI s'était complètement désarmé; mais ce n'était pas assez pour ceux qui avaient entrepris de le dominer parla crainte des mouvements populaires et de l'asservir aux volontés des Jacobins. Servan, qui avait succédé à Degrave^ au ministère de la guerre, et qui s'était rangé du parti de Roland contre Dumounez, vint le k juin à l'Assemblée, sans en avoir prévenu ni le roi ni ses collègues, proposer la formation , sous les murs de Paris, d'un camp de vingt mille fédérés.

L'Assemblée accueillit avec faveur cette idée et renvoya la proposition de Servan , transformée en motion par Merlin, au Comité militaire pour lui en faire un rapport immédiat.

Dès le 6, malgré l'opposition de la droite, qui demandait que l'on répondît par la question préalable à

4. Lcltre-de Pétion U l'Assemblée (30 mai 4792, Moniteur, p. 632). 2. Journal des Débats et Décels, u° 246, p. 493.

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