‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. premierChapitre 45 sur 191 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

r— Je veux que vous restiez, reprit le roi, vous, ainsi que Lacoste et le bonhomme Duranthon; rendez-moi le service de me débarrasser de ces trois factieux insolents, car ma patience est à bout. »

Dumouriez accepta , mais a la condition que le roi sanctionnerait les deux décrets. Le roi consentit, non sans peine, à promettre de lever le veto qui pesait sur la formation du camp des vingt mille ; il céda même, à ce que prétend Dumouriez, relativement à la déportation des prêtres 1 . Mais il est difficile de le croire. ■

Quoi qu'il en soit, le message royal qui retirait le ministère de la guerre à Servan lui fui porté, le 12 juin, par le ministre des affaires étrangères, et, le lendemain matin, Roland et Clavières reçurent leurs démissions.

Les trois ministres renvoyés n'imitèrent pas la conduite que Necker avait tenue dans une circonstance à peu près semblable. Ils résolurent d'en appeler à l'Assemblée de la mesure, parfaitement constitutionnelle, que venait de prendre le roi.

Servan avait été le premier renvoyé. Ce fut aussi sa lettre qui parvint la première a la Législative. « Au moment, y était-il dit, où, encouragé par mes concitoyens, je commençais k jouir de la flatteuse espérance de pouvoir être utije à ma patrie, j'ai reçu l'ordre du roi de remettre le portefeuille au ministre des affaires étrangères... Ma conscience me dit que je n'en dois pas moins compter sur les bontés de l'Assemblée pour moi, et j'espère qu'elle voudra bien permettre que j'aille

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