LIVRE II
de bandiore; le cortège défilait devant eus, En passant sous les fenêtres royales, il faisait entendre ses cris ordinaires : « Vive la nation ! Vivent les sans-culottes ! A bas M- et M ma Veto 1 ! » Quant aux gardes nationaux, suivant l'esprit qui régnait dans les divers bataillons, ils donnaient à la manifestation leur adhésion on leur blâme ; les uns avaient ôté leurs baïonnettes, d'autres s'y étaient' refusés, quelques-uns avaient été jusqu'à rendre les honneurs militaires à cette foule désordonnée. • ■
En ce moment, tout paraissait assez calme au dedans comme au dehors du château; en voyant le cortège se diriger vers les quais, sans chercher à pénétrer dans les Tuilenes, on sentait se dissiper les craintes que l'on avait conçues. Le roi, sa famille et tout leur entourage étaient complètement rassurés. Il en était de même des personnes qui, du jardin et des abords de l'Assemblée, observaient la marche du rassemblement 2 .
Mais soudain la foule, au lieu de suivre le quai, se présente devant le guichet du Carrousel , gardé par des détachements des bataillons du faubourg Saint-Antoine
(tireurs populaires et encore plus les trahisons royales, et auraient voulu mesurer assez juste les soulèvements des prolétaires pour obliger la cour à plus de droiture et de fidélité. » {Chronique des cniquanle jours. )