Rapport Rulhière
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
par les guichets du Carrousel et s'y enlasse. Bientôt, sous la pression des agitateurs, la masse populaire s'anime et pousse des cris confus qui ne tardent pas à se traduire par des ordres impérieux, par des sommations furibondes.
Un groupe d'une quarantaine de sans-culottes se présente à la porte de la cour royale : « Nous voulons entrer, disent-ils, et nous entrerons ; nous ne voulons point de mal au roi, et on ne saurait nous empêcher de pénétrer jusqu'il lui 1 . » Fidèles à leur consigne, les deux gendarmes placés en vedette croisent la baïonnette sans répondre. Les émeutiers se retirent, non sans menacer les soldats, qui d'un couperet, qui d'un fusil ou d'une pique 2 . Mais, peu après, les mêmes, ou d'autres h leur place, reviennent, demandant toujours à entrer. En raison même de cette insistance, la porte qui était restée ouverte est fermée, ainsi que le guichet.
L'anxiété est grande parmi les gardes nationaux et les gendarmes chargés de défendre le château. « Nous périrons plutôt que de les laisser entrer, disent les uns. — Mais nous, n'avons pas d'ordres, disent les autres, ni d'officiers pour nous commander 5 . » Plusieurs crient aux armes ! et se rangent en colonne, à côté de la porte