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de chaque section piochaient le terrain qui leur avait été assigné, en chantant des airs patriotiques. Mais lorsque les bataillons fédérés eurent été dirigés sur Châlons, lorsque la population parisienne eut été plongée dans le marasme par les massacres de septembre, il ne se trouva plus personne qui acceptât avec joie les gardes extraordinaires et les corvées. La plupart des sections cessèrent de fournir leurs contingents de travailleurs et de soldais.
Bientôt il ne resta aucune force régulière au camp. Le (lot des volontaires, qui, à la voix de la patrie, était sorti des profondeurs du pays et avait débordé sur Paris, s'était vite écoulé vers la frontière. Il n'avait laissé derrière lui que son écume, c'est-à-dire les pseudo-fédérés qui, comme les Marseillais du 10 août, préféraient rester au service de la démagogie plutôt que de rejoindre les vrais soldats de la liberté dans les plaines de la Champagne.
Les travaux menaçaient d'être, abandonnés faute de bras s'offrant gratuitement. On admit d'abord, en fait plutôt qu'en droit, que si le nombre des travailleurs volontaires aux. jours déterminés pour chacune des sections se trouvait insuffisant, des ouvriers soldés à la journée pourraient être employés ù la confection des retranchements. Bientôt l'exception devint la règle, et un décret du 13 septembre, rendu sur l'insistance de la Commune, donna une sanction légale aux pratiques qui s'étaient établies depuis quelques jours 4, grâce à la connivence de certains commissaires municipaux.
\ . Il est bon de rapporter ici le teste de ce décrel , qui contenait
Armée de ce décret, la Commune, qui avait la complète administration de travaux qu'elle n'était pas appelée à solder, se donna libre carrière. Elle promit quarantedeux sols par jour aux ouvriers qui viendraient s'embrigader, et fit publier cet appel à son de trompe dans les quarante-huit sections. C'était le meilleur moyen d'attirer vers le camp tous les mauvais sujets de Paris et des environs ; ils s'étaient tenus à l'écart tant que les braves gens et les bons ouvriers s'étaient rendus à la butte Montmartre; ils y affluèrent aussitôt qu'ils furent certains de
un article 3, assez inoffensif an premier abord, mais qui détruisait l'économie du reste de la loi.
a L'Assemblée nationale, considérant qu'il est d'un intérêt frappant de seconder le vœu hautement exprimé par Ie3 citoyens fie la capitale et par les communes approximantes, de concourir gratuitement à l'accélération dos travaux du camp retranché sous Paris, décrète qu'il y a urgence.
a L'Assemblée nationale après avoir décrété l'urgence décrète ce qui suit :
« Apt. i(r. Los officiers chargés do la direction des travaux du camp retranché sous Paris désigneront 48 postes et parties de retranchement pour chacune des 48 sections de Paris, et il sera posé sur chacune des 48 parties un fanion qui portera le nom de la section qui devra y travailler.
« Aai. il. Les citoyens de chaque section qui voudront concourir à ces travaux se rendront à leurs sections à l'heure indiquée et seront conduits sur le (errain par un commissaire de la dite section.
« Art. lu. Les citoyens payés pour travailler journellement aux. retranchements seront divisés en 48 parties et attachés à chacun des Ù8 postes désignés aux sections, Ils seront tenus do se rendre à l'heure indiquée pour partir avec les autres citoyens. Los dirocleurs des travaux pourront cependant former une reserve des personnes payées, pour l'employer où besoin sera. » Collection des lois, t. XI, p. 341 .
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ne plus les y rencontrer. L'écume des bataillons provinciaux, mêlée aux éléments impurs fournis par la capitale, ne tarda pas à fermenter. Le camp inventé par Servan et ses amis devint un foyer permanent de turbulence démagogique; en quelques jours les désordres furent intolérables.
Ce ne fut cependant pas l'administration de la guerre qui, la première, se plaignit; ce furent les honnêtes et laborieux ouvriers du faubourg Saint-Antoine qui crurent remplir un devoir patriotique en envoyant, par deux fois en quelques jours, des délégués dénoncer à la barre de l'Assemblée législative ceux qui vivaient aux dépens de l'État en travaillant aussi peu que possible Ou plutôt en ne travaillant pas du tout *. Le gardien vigilant du Trésor, Carabon, convertit aussitôt en motion le moyen pratique proposé par les pétitionnaires pour mettre ûn a
4. Voici le texte mémo ries deux adresses de h section des Quinze- Vingts. Ces adresses si remarquables par l'esprit qui y rogne n'ont été; à notre connaissance, citées pur aucun des historiens qui nous ont précédé :
« Législateurs, un fait n'a pu échappera la section des Qiiinzo- Vingls qui toujours veille pour lo bien public et ne peut souffrir d'abus.
« Vous avez ordonné un camp sous Taris qui demande les travaux les plus assidus, votre intention n'est donc pas qu'on enrôle des gens pour ne rien faire; néanmoins on en reçoit à tout âge; des filles so présentent même déguisées en hommes. Par ordre de la municipalité, la caisse a battu pour avertir que l'on donnerait 42 sous par jour à tous ceux qui travailleraient.
a Tous ces faits existent avec preuve.
« Un seul moyen de remédier à ces abus et de ne payer que des ouvriers utiles serait de payer à la tâche et non à la journée. Vous
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la dilapidation des fonds publics. I) fit décréter que le pouvoir exécutif prendrait toutes les mesures nécessaires afin que les ouvrages des fortifications parisiennes fussent donnés aux journaliers et manouvriers à marché fixe et non à la journée i.
Dès ses premières séances, !a Convention fut, comme la Législative, assaillie de réclamations contre la manière dont le travail était conduit et la discipline obser-
indiquer le mal et le remède nous assure, législateurs, qu'il sera promptement détruit par vos ordres.
« Violet, président; Rëniî, secrétaire-greffier. »
« Extrait du registre des délibérations d'assemblée générale de la section des Quinze-Vingts.
« L'an 1792 et îv de la liberté, 1" de l'égalité, le 17septembre, sur l'exposé fuit par un. membre des abus qui sont commis journellement par les chefs et ouvriers dudit camp ;
« L'Assemblée indignée de. voir que la presque totalité des ouvriers qui ont des états et de l'ouvrage quillent leurs maîtres où ils ne gagnent de l'argent qu'en travaillant pour aller gagner 42 sols au dit camp à presque rien faire, ce il quoi ils ont été recrutés a son de caisse; tous les travaux étant» la veille de manquer de bras par cette perversité ;
« L'Açscmbléo a nommé MM. Violet , Guyot, Giffet, Colin, Seigneury et Villard pour porter son vœu à ce sujet à l'Assemblée nationale, qui est : qu'aucun ouvrier ne pourra être admis aux travaux du camp s'il ne prouve qu'il est sans ouvrage et qu'il n'en peut trouver; plus, qu'aucun ouvrier dudit camp ne sera payé qu'au prorata de l'ouvrage qu'il aura fait, soit à la tâche, soit à la loise et non autrement. , Vl0LET] présidcol; Smé, Meréllinl. ,
1. Le texte de ce décret (48 septembre) n'est ni au Moniteur, ni au Journal des Débals. Nous en avons retrouvé la minute signée par Cambon.