LIVRE XVII
vée dans le camp sous Paris1. Le 26 septembre, le comité militaire vint, par l'organe de Letourneur, ancien officier du génie, proposer une loi en deux titres et vingtneuf articles; c'était un code tout entier2. Les précautions minutieuses que prenait le comité militaire pour éviter autant que possible les abus el les désordres font sentir en présence de quelles difficultés se trouvaient placés les directeurs des travaux du camp. Les ouvriers
1. Le Vô septembre, dans la séance du soir, la section des Sans- Culoltes qui n'est guère plus suspecte d'aristocratie que celle des Quinze-Vingts, vient déclarer :
« Le servie* du camp dévore par semaine 260,000. 1.
« Il y a là 8,000 hommes qui ne font rien, gardés par 200 hommes qui n'empêchent aucun désordre. »
Le 26 septembre, le procureur général syndic du département de Taris écrit ce qui suit aux administrateurs du district de Saint- Denis :
« Citoyens, le maire do la Chapelle nous avertit que l'on dévaste les cultures de sa municipalité, que pourse chauffer au camp on abat les arbres de l'avenue de Saint-Denis. Vous savez ce que votre patriolisme vous inspire, et ce que la ioi vous prescrit pour le maintien des propriétés : essayez de remontrer aux citoyens que la société ne peut se maintenir, si la propriété des particuliers, si celles de la république ne sont respectées. Tariez au nom de la patrie, que tous les bons citoyens chérissent, que les méchants n'osent ouvertement mé-" connaître quand ses droits sont invoqués. Concerlez-vous avec les chefs du camp qui peuvent contenir les citoyens s'ceartant des règles de la justice, et si ces moyens sont insuflisants, employez, en cas de délils graves et persévérants, la force publique el donnez-nous sur le champ avis des événements. Nous vous seconderons de tout notre pouvoir pour rétablir l'ordre, sans lequel la république ne peut subsister.
Le procureur général syndic, Bëbthiîlot. S. Le texte se trouve au Moniteur, n" 27-1 .
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
soldés étaient tenus d'être domiciliés dans l'arrondissement de la section qui les envoyait et d'être inscrits au comité de cette section. On ne pouvait recevoir parmi eux. ni les femmes, ni les enfants au-dessous de quinze ans, ni les ouvriers d'arts ou de métiers capables d'être employés à d'autres objets du service public. Le travail à la tache était la règle. Celui à la journée ne devait avoir lieu que très-exceptionnellement. Tout était déterminé par la loi. jusqu'au prix de chaque nature de déblai, jusqu'à la dislance à laquelle devaient s'effectuer les transports de terre, etc. Le prix de la journée alloué précédemment par la Commune était diminué; il était fixé à trente-cinq sols pour les hommes forts et à vingtcinq sols pour les hommes faibles. Les sections étaient tenues d'indiquer, surla feuille d'enregistrement, lequel de ces deux prix serait alloué à chaque citoyen à raison de sa force. Enfin, il était formellement interdît à tout cabarelier et vivandier de s'établir ait camp sans l'autorisation du général chargé de la défense de Paris.
JL
On conçoit sans peine combien toutes les dispositions de la loi Lelourneur, qui semblaient autant d'entraves à l'omnipotence des sections, soulevèrent de mécontentements. Le 2 octobre, une bande de soi-disant travailleurs présentait à la barre une pétition, que les comités de seize sections avaient contresignée, et dans laquelle il était dit :