‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 110 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

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promesse. » Puis, terminant d'une manière moins menaçante, il s'écrie : « Soyez nos pères; les pères doivent nourrir leurs enfants. »

« Les représentants du peuple, réplique sèchement le président Guadet, sont les pères de vingt-cinq millions de citoyens; c'est entre eux tous que doit être répartie la fortune delà République1. »

Celait annoncer assez clairement que la Convention ne voulait pas se charger de nourrir l'armée recrutée par ia municipalité parisienne. Celle-ci se le tint pour dit et n'insista plus. Le 2 novembre, afin de hâter le départ des ouvriers non parisiens attachés au camp, la Convention accorda un secours de trois sols par lieue aux ouvriers qui retourneraient dans leurs départements2. Elle vota pour cet objet un crédit de 50,000 livres.

Mais la plupart des individus qui avaient été recrutés par la Commune restèrent à Paris, où ils avaient pris leurs habitudes et où ils s'étaient affiliés à toute sorte de conciliabules secrets; ils devinrent l'instrument de toutes les insurrections, la milice permanente du désordre, et formèrent plus tard le noyau de la fameuse armée révolu tiounaire.

ni.

Le resserrement de la consommation, la raréfaction des capitaux, l'épuisement du crédit, la détresse du

H. Moniteur j n° 303.

g. Moniteur, n° 308.

commerce, telles sont les suites presque inévitables de toute grande perturbation politique ou sociale. Paris, la France entière, étaient depuis quatre ans en pleine crise commerciale, industrielle et financière, sans que les remèdes empiriques employés pour combattre cette crise eussent abouti à autre chose qu'à en augmenter l'intensité. Le numéraire n'avait cessé, depuis 1789, de sortir de France ou de se cacher.

Deux milliards d'assignats avaient été créés pour mobiliser la valeur des immeubles que la nation avait enlevés au clergé en promettant de pourvoir à tous ses besoins. Maïs cette masse énorme de papier-monnaie jeté en deux ans dans la circulation avait eu pour conséquence naturelle de faire monter le prix de chaque chose et de faire enfouir les écus, qui ne voulaient pas s'échanger contre ces valeurs de nouvelle création. Les émigrés, au moins les plus prévoyants d'entre eux, avaient emporté une quantité assez considérable d'or et d'argent. Le commerce lui-même avait largement exporté des espèces métalliques, soit afin de se procurer les blés dont plusieurs mauvaises récoltes successives avaient rendu l'acquisition nécessaire, soit afin d'acheter des lettres de change sur l'étranger, placement plus sûr et moins sujet à de brusques variatious que les valeurs françaises.

Les premiers assignats avaient été divisés en coupures d'une valeur assez importante. Cela était naturel, puisque, dans l'origine, ils ne devaient servir qu'à payer les propriétés domaniales que l'on se proposait de mettre successivement eu vente. Mais, à cause de la rareté du

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