‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 114 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

c'est d'accorder à la municipalité la somme nécessaire pour rembourser les billets présentés durant encore un jour ou deux; immédiatement après, on liquidera la maison de secours, on vendra tout ce qu'elle possède. — Camus est du même avis : « Qu'un dernier secours soit accordé et qu'on en finisse une fois pour toutes, car cette affaire devient de plus en plus trouble; les délégués de la Commune, qui sont à la barre, ont refusé d'apporter au comité les comptes de la maison de secours, et l' ex-administrateur Guillaume vient de prendre la fuite avec deux officiers municipaux à la garde desquels il avait été conûé! » ïrès-émue et en même temps très-dégoûtée, la Convention consent cependant à voter « une avance de 30,000 livres, à raison de 5,000 livres par jour, pour être employées au remboursement des billets de la maison de secours et à condition que cette avance sera restituée sur les premiers fonds qui rentreront dans cette caisse. » Elle décrète, en outre, qu'il sera établi sur la ville de Paris une contribution extraordinaire afin de faire face aux pertes que pourra occasionner la liquidation définitive1.

Les 30,000 livres disparaissent dans le gouffre en quelques instants, et le bureau où s'opère le remboursement des billets de la maison de secours est assailli par une foule d'autant plus furieuse qu'elle a vu quelques heureux, qu'elle prend pour des privilégiés, en sortir avec de bons assignats. Mais comment faire face à ces réclamations, s'il est vrai, comme l'aditCambon, quedesbil-

1. Journal des Débats et Décrets, séance du 12 octobre, p. 432.

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lets faux ont été et sont encore tous les jours mis en circulation? Le 25 octobre, une députation des commissaires des sections se présente à la barre de l'Assemblée nationale et. prononce le chiffre de 6 millions comme celui des avances indispensables à l'apaisement du désespoir populaire. Sur quoi ce chiffre est-il basé? Sur rien; car la Commune oublie toujours de dresser un compte sérieux, de fournir le bilan de la maison de secours.

La colère de tous les financiers de la Convention éclate en mùme temps4. « Il faut, s'écrie Cambon, démêler toutes ces intrigues, arrêter ces dilapidations, déjouer ces manœuvres et punir les coupables ! Je suis bien déterminé à périr plutôt que de souffrir que l'on attaque ainsi la fortune publique. — Nous y sommes tous déterminés, répète l'immense majorité des représentants.

— Je m'opposerai constamment, continue l'orateur, à ce que vous accordiez à la Commune les sommes qu'elle vous demande. Savons-nous où s'arrêteront ces dépenses ruineuses? Si demain, pour tout délai, les membres de la Commune n'ont pas fourni l'étal de situation de la maison de secours et des billets en circulation, je demande qu'ils soient suspendus de leurs fonctions et poursuivis devant les tribunaux!

— Il existe une loi contre les rebelles, dit Lidon; qu'elle soit exécutée! Les membres de la Commune, en refusant d'obéir aux différents décrets que vous avez rendus, sont coupables. Leur intention est sans doute d'aller rejoindre

1 . Séance du 25 octobre. Le compte rendu du Journal des Débats pâ Décrets est beaucoup plus complet que celui du Moniteur*

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