LIVRE XVII
leurs camarades qui sont à Londres (Guillaume et ses gardiens); je demande que vous préveniez leur départ en les décrétant sur-le-champ d'accusation. <> Sur la proposition de Defermon et de Gensonné, la Convention décide qu'en exécution des ordres qu'elle a précédemment donnés, « la municipalité de Paris sera tenue de fournir, te lendemain à midi, l'état de situation et les comptes relatifs à l'émission des billets de la caisse de secours, ainsi que l'exposé des mesures qu'elle a dû prendre relativement à la fuite de Guillaume et des deux personnes qui l'ont accompagné. »
Le 26, au moment où midi sonne, Rouyer se lève et interpelle le comité des finances sur l'exécution du décret voté la veille. Au même instant, les délégués du Conseil général font avertir leprésident qu'ils sont prêts à paraître. On les introduit immédiatement. Après avoir donné lecture de tous les arrêtés pris à l'Hôtel de Ville relativement à la maison de secours, l'orateur de la Commune annonce que l'officier municipal, Bidermann, est chargé de présenter les comptes réclamés. Chacun attend que des rangs de la députation sorte le financier qui a su enfin porter la lumière dans le chaos de ces comptes. Mais l'attente est vainc, personne ne se présente, et la députation est obligée de convenir que Bidermann n'est pas avec elle. L'Assemblée se croit à bon droit le jouet d'une mystification» elle témoigne son mécontentement par de vio-
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lents murmures. Danton les domine, criant de tonte la force de ses robustes poumons ; « On n'interrompt pas même un criminel, et ici on a l'audace... — Danton, je vous rappelle à l'ordre! s'écrie le président, » et il fait signe au délégué du Conseil général qu'il ait à continuer.
Celui-ci reprend son discours en demandant, au nom delà Commune, une nouvelle avance de2,500,000 livres. Pour faire diversion aux récriminations très-vives que ce chiffre suscite, l'orateur se lance dans d'interminables "divagations sur les .calomnies dont, prétend-il, les membres de la Commune insurrectionnelle sont abreuvés : « Les ennemis du peuple calomnient, persécutent les hommes du 10 août; ils veulent avilir cette révolution. Ne pouvant attaquer notre civisme, ils nous accusent de dilapidations. Nous sommes victimes en ce moment du peu de surveillance que nos prédécesseurs ont apporté dans l'examen de la gestion du sieur Guillaume. Comparez notre conduite avec celle qu'ont tenue les officiers municipaux du 20 juin. Les uns ont tout fait pour perdre la liberté; nous, ne l'avons-nous pas sauyée? »
Quoi! vous vous prétendez calomniés parce qu'on vous demande des comptes? On vous parle finances, et vous répondez politique! vous accusez d'être les ennemis du peuple ceux qui, au nom de la République entière, veulent savoir où passe l'argent de la France! — Tel est le] thème que développent successivement Kersaint et Cambon. — Rouyer fait remarquer que la députation de ïa Commune ne demande plus aujourd'hui que 2,500,000 livres, tandis qu'elle réclamait la veille