Moniteur, n° 29o
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L1VLÎE XVII.
dépulation soit invitée à la séance, que les représentants du peuple ne se séparent qu'après avoir pris un parti. »
— « Il est temps, ajoute Lasource, que la République sache ce que les sections de Paris viennent vous dire a la barre. » — « Qu'ils présentent au moins leurs pouvoirs, s'écrient d'autres membres. »
Les pétitionnaires tirent de leurs poches et agitent en l'air des chiffons de papier. Cette singulière manière do produire des pouvoirs, dont personne naturellement ne peut, dans ce moment de trouble, vérifier le libellé, est vivement applaudie par les tribunes. Le président se croit obligé de rappeler solennellement aux spectateurs que la loi leur interdit toute marque d'approbation et d'improbation; il menace de faire sortir les .perturbateurs qui, méprisant les lois et ses ordres, agitent les tribunes.
Le calme renaît enfin. L'orateur peut reprendre la " parole :
« Les sections de Paris, après avoir pesé la valeur des principes sur lesquels repose la souveraineté du peuple, vous déclarent par notre organe qu'elles trouvent le projet d'une gardedépartenientaleodîeux et dangereux : odieux, parce qu'il n'est point de l'essence d'une constitution populaire et républicaine; dangereux, parce qu'il ne peut que détruire les bases d'une telle constitution. . . »
Pendant un quart d'heure, le délégué des sections et de la Commune continue sur ce ton. Sa lecture terminée, il se croise les bras et ajoute : « Les sections attendent votre décision. ><
Guadet occupait le fauteuil ; il répond fièrement :
« Citoyens, c'est ici que réside l'exercice de la souve-
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raîneté du peuple français; c'est à la Convention nationale que tous les droits de la République sont confiés; elle saura les défendre. Elle recevra toujours avec plaisir les conseils des bons citoyens; mais elle promet que, d'ordres, elle n'eu recevra que du peuple français. Elle vous invite à sa séance, »
La Convention applaudit aux paroles de son président et déclare passer à l'ordre du jour sur la pétition. Quelques membres demandent que l'adresse des sections et la réponse de Guadel soient imprimées; mais Gensonné s'écrie : « Donner tant d'importance à une commune, ce serait autoriser toutes les autres à en prendre autant,
ce serait fédémliser la France en 44,000 républiques
Pour empôcher qu'on ne suppose la commune de Paris tout entière coupable de ce qui ne peut être que le crime de quelques individus, je demande que l'on ensevelisse dans l'oubli la pétition qui vous a été présentée et que la Convention maintienne le décret par lequel elle a passé à l'ordre du jour. »
La motion de Gensonné est adoptée, mais personne ne songe à reprendre celle qu'à faite Lidon, quelques instants auparavant, de voter immédiatement la création de la garde départementale. Par une défaillance inexplicable, la Gironde elle-même semblait reculer devant la réalisalion d'une mesure qu'elle avait si laborieusement préparée et à l'occasion de laquelle elle n'avait pas craint de soûle vertantde colères'1. Peut-être voulait-elle tenir ce vote
1. Voir au Moniteur, n" 294. etiiu Journal des Débats et Décréta, n° 30, page 533, ly discussion qu i s'élève à ce sujet entre Buzot et
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