‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 126 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

vertu de laquelle le champ de Mars avait été ensanglanté Je 17 juillet 1791. Cette concession devait compenser, suivant eux, ce que la formation d'une garde départementale pouvait avoir d'agressif vis-à-vis de la population parisienne.

Mais l'espèce de mise en scène dont le premier acte avait été l'apparition des compatriotes de Barbaroux, le second celle de Gonchon et des comparses qu'on lui avait adjoints, n'aboutit à rien par la faute même de ceux qui l'avaient préparée. La Gironde ne fit aucune proposition formelle. La Montagne, plus habile, sut choisir dans le fatras que Gonchon avait apporté à la tribune, la seule idée qui pût convenir à ses desseins : l'abolition immédiate de la loi martiale. Chabot la propose, les girondins ne peuvent la refuser après avoir si bien accueilli l'orateur populaire qui l'avait demandée. Elle est votée à l'instant même à l'unanimité, et la séance est levée au milieu de l'enthousiasme universel. En sortant, chaque parti se félicite de la journée. La Gironde avait fait une énorme dépense de phrases vides et sonores, avait étalé de magnifiques sentiments, entendu et applaudi de superbes harangues, mais elle n'avait rien obtenu. La Montagne avait, en un tour de main, enlevé de l'arsenal des lois une arme qui, dans un moment donné, aurait pu devenir funeste à elle et à ses alliés.

L'escamotage parlementaire si habilement exécuté par Chabot n'avait pu apaiser le ressentiment des démagogues parisiens. L'Assemblée avait refusé d'accorder l'honneur banal de l'impression à l'insolente pétition que les soi-disant délégués des quarante-huit sections étaient venus lui apporter. Les meneurs de l'Hôtel de ville ne veulent pas que cette pièce d'éloquence soit perdue pour la France; ils font prendre par ie conseil général de la Commune un arrêté, en vertu duquel ce document sera imprimé aux frais de la caisse municipale, affiché sur les murs de Paris, expédié aux quatre-vingt-trois départements et aux quarante-quatre mille communes de France.

Ce nouveau défi jeté à la face de la représenlation nationale est dénoncé, le 25 octobre, par Barbaroux. Au milieu du violent tumulte soulevé par son jeune amî, Buzot s'écrie : « On dénonçait il y a quelques mois a vos prédécesseurs des actes émanés de directoires de départements qui semblaient vouloir, à l'occasion des événements du 20 juin, former entre eux une coalition ; ces actes ont été annulés. Et maintenant voilà un corps municipal qui prend des arrêtés pour envoyer officiellement une pétition à toutes les communes de France! Citoyens, notre gouvernement est un , toutes les parties ont un centre, il est ici. Mais si quelques communes venaient à se coaliser, à s'écarter de ce centre commun,

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