‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 127 sur 236 · livre xvir · texte numérisé non relu

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bientôt sur les ruines de la République s'établirait un gouvernement municipal qui ne serait autre chose que la plus monstrueuse des anarchies1. »

Charlier, Jean Bon Saint-André, Manuel, Legendre demandent la question préalable sur la dénonciation de Barbaroux, et invoquent le principe de la libre circulation des idées. Mais toutes les fois qu'une proposition nette et précise dans le sens des opinions modérées lui était présentée, l'Assemblée n'hésitait pas à l'adopter; aussi vote-t-elle sans plus de débat le décret rédigé par le jeune député de Marseille. Ce décret était ainsi conçu :

« La Convention nationale casse et annule l'arrêté « de la commune de Paris comme contraire aux lois et « tendant a établir une correspondance officielle des « municipalités entre elles, à détruire l'unité et l'indivi- « sibililé de la République; décrète que les membres « du conseil général, qui ont pris ledit arrêté, serontper- « sonneliement responsables des dépenses occasionnées « par l'impression et l'envoi de cet arrêté aux départe- « meutset aux. municipalités de la République. »

Mais cette décision, bien loin de terminer la querelle, ne fait que l'envenimer. Le 30 octobre, Roland écrit à la Convention, qu'au mépris du décret du 25 , la Commune fait expédier par la poste, et sous le contre-seing de Pétion , des paquets qui contiennent la fameuse adresse. Qui est le plus étonné de cette nouvelle? C'est certainement l'ancien maire. Il est obligé de venir à la tribune avouer qu'il ignore complètement l'abus que

1. Journal des Débats et Décrets, p. 667. Moniteur, h°29j. IV 18

l'on a pu faire de son nom. La laveur du contreseing, c'est-à-dire de l'expédition gratuite des lettres et papiers revêtus de son sceau, lui avait été accordée après le 10 août. Depuis six semaines qu'il a donné sa démission de maire de Paris, les électeurs n'ont pu encore réussir à lui trouver un successeur légal. En attendant il reste titulaire du contre-seing, mais les bureaux de la Commune s'en servent à leur guise et sans qu'il puisse donner d'éclaircissement à cet égard. Sur cette singulière révélation, on propose de retirer au maire de Paris, quel qu'il puisse être, la faveur concédée au premier magistrat de la capitale, lorsque tous les pouvoirs étaient, en fait sinon en droit, réunis entre les mains de la Commune. Chabot, fier dn succès qu'il a obtenu quelques jours auparavant, veut mettre à profit le nouvel incident pour faire tomber Roland dans un piège. Il demande comment le ministre a pu savoir ce que renfermaient les paquets qu'on a arrêtés à la poste; ce ne peut être qu'en violant le secret des lettres. L'ex-capucin s'élève avec une violence extrême contre « le rétablissement de l'Inquisition. » L'image pouvait paraître assez étrange dans la bouche de l'orateur; mais le plus extraordinaire, c'était d'entendre le défenseur de la Commune attaquer le ministre de l'intérieur pour avoir fait, un jour et dans une circonstance donnée, ce que la municipalité parisienne s'était permis pendant des mois entiers, quand, après le 10 août, elle avait montré aussi peu de respect pour la liberté des correspondances que pour la liberté de la presse *. La gauche appuie vivement

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