LIVRE XVII. m
n'y a plus de capitale dans une république, et tous ces mouvements de quelques sections de Paris, ces arrêtés insolents, ces menaces coupables, dont nous sommes témoins tous les jours, auront moins d'influence sur nous que la paisible pétition du plus petit village. »
Barbaroux est interrompu par les vociférations des tribunes et de la Montagne. Mais plusieurs salves d'applaudissements, partis du centre et du côté droit, lui prouvent qu'il exprime les sentiments de l'immense majorité des représentants du peuple; il continue donc son discours. Selon lui, les dictateurs de l'Hôtel de Ville ne suscitent toute sorte d'embarras et d'agitations, à propos des travaux du camp, des billets de la caisse de secours, comme de la garde départementale, que dans un seul but : celui de se soustraire au châtiment que méritent leurs déprédations. « Ils vous disent qu'il faut attendre la reddition des comptes de la Commune, pour la juger. Futile objection ! Sans doute il est des comptes que les corps administratifs ne doivent donner qu'à des époques déterminées et pour la rédaction desquels on conçoit qu'il faut nécessairement du temps. Mais le compte d'un dépôt doit être rendu dès qu'il est demandé. Un retard est un délit que la loi doit punir; la Commune de Paris n'est que dépositaire de l'argenterie, de l'or et des effets enlevés dans les maisons des particuliers émigrés; il faut donc qu'elle s'en déssaisisse à l'instant et que ces objets tombent ou dans la caisse nationale ou sous le balancier de la monnaie.
« La désorganisation s'étend autour de nous. De vingt-cinq sections qui ont rendu compte de l'élection du
maire, treize ont violé la loi qui leur commandait de faire cette élection au scrutin secret.... La section du Panthéon français a délibéré de se porter en armes à la barre de la Convention nationale, si son président y était mandé. La section des Piques, que préside Robespierre, a osé improuver le décret par lequel vous avez cassé l'arrêté du conseil général; bien plus, elle a demandé que cet arrêté, qui ordonne l'envoi à chaque municipalité de la pétition injurieuse des prétendus délégués des quarantehuit sections, fût modifié en ce sens qu'au lieu d'un exemplaire, il en fût adressé vingt-quatre à chacune des Û4,000 communes de France, ce qui ferait monter l'impression à plus d'un million d'exemplaires.... Si dans ce moment le tocsin sonnait, quel moyen auriez-vous pour ramener l'ordre ou prévenir les attentats? Le pouvoir exécutif? il est sans force et peut-être encore exposé à des mandats d'amener. Le département? on ne reconnaît plus son autorité. La Commune? elle est composée en majeure partie d'hommes que vous devez poursuivre. Le commandant général? on l'accuse d'avoir des liaisons avec les triumvirs. La force publique? il n'en existe point. Les bons citoyens? ils n'osent se lever. Les méchants? Oui, ceux-là vous entourent, et c'est Catilinaqui les commande. »
Cela dit, liarbaroux propose quatre projets de décrets :
« La Convention déclare qu'elle reste à Paris. « Lorsque la représentation nationale aura été avilie dans la ville où le corps législatif tient ses séances,
cette ville perdra le droit de posséder le corps législatif et les établissements qui en dépendent.
« Le présent décret sera sur-le-champ envoyé à la sanction du peuple.
« Les bataillons fédérés, les dragons de la République, les gendarmes nationaux et autres corps de troupes de ligne et de volontaires qui se trouvent soit dans Paris, soit daus le voisinage, feront, concurremment avec la garde nationale de Paris, le service de la Convention et de tous les établissements publics.
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« La Convention nationale, en vertu des pouvoirs qui lui ont été donnés par le peuple, se constitue en cour de justice pour le jugement des conspirateurs.
« La Convention nationale casse la municipalité et le conseil général de la Commune de Paris, et ordonne que le directoire du département nommera des commissaires parmi les administrateurs pour exercer provisoirement les fonctions municipales.
« Les sections de Paris cesseront dès aujourd'hui, d'être permanentes1. »
Des mesures aussi capitales n'auraient pas dù être proposées sans la certitude qu'elles seraient soutenues par la Gironde tout entière. Or les plus intimes amis de