LIVRE XVII
auprès de son frère, il est nécessaire que l'accusateur soit entendu avant l'accusé. •>
Robespierre, surmontant enfin son émolion, essaiede reprendre le fil de son discours, mais sa voix est profondément altérée, ses traits sont contractés,. sa figurées! pâle et livide.
« Je réclame, dit-il, la liberté de terminer l'exposé de mon opinion. Déjà on a tenté de m'envelopper dans deux accusations. La première était si vague, si peu soutenue, qu'elle semblait avoir été jetée en avant, non pas pour amener des preuves, mais pour laisser dans vos esprits des impressions fâcheuses, car c'est là le grand art de la calomnie. La seconde est celle qui vient de se produire. Veut-on étouffer notre voix? Veut-on sacrifier un patriote? Je demande à être entendu à mon tour, je demande à être écouté avec attention et impartialité.
— C'est juste, répond l'Assemblée entière1.
— Puisque un membre s'est présenté pour m'accuser, je demande qu'il soit entendu; mais je demande que l'Assemblée fixe un jour pour, après l'impression du rapport, discuter les faits présentés par le ministre. »
Lasource déclare que lui aussi a été nommé dans la pièce annexée au rapport de Roland. " Eh bien ! dit-il, je m'avoue coupable. Je déclare que si vouloir le respect des lois est une cabale, estimer Roland comme un honnête homme est une cabale... — Nous en sommes tous, »* s'écrient un très-grand nombre de représentants.
J^e président Guadet fait observer à Lasource qu'il