I. Journal des Débats et Dccvels, p. To
n'est pas accusé et que, dès lors, il n'a pas besoin de se défendre. L'impression du rapport de Roland et des pièces qui y sont jointes est adoptée sans conteste, on en demande la discussion à jour fixe. Ce sont les montagnards Albitte etTallien qui la réclament, c'est Danton qui l'appuie.
« 11 est temps, s'écrie l'ex-mînistre de la justice, il est temps que nous sachions enfin de qui nous sommes les collègues, il est temps que nos collègues sachent qui nous sommes. On ne peut se le dissimuler, il existe de grands germes de défiance entre ceux qui composent cette assemblée. Eh bien ! ces défiances, il faut qu'elles cessent, et, s'il y a des coupables parmi nous, il faut en faire justice. Je déclare à la Convention nationale, je déclare à la République entière que je n'aime pas l'individu Marat *. J'ai fait l'expérience de son tempérament; il est non-seulement volcanique et acariâtre, mais insociable. Après un tel aveu, qu'il me soit permis de dire que je suis sans parti et sans faction, que ma pensée m'appartient, que je suis décidé à mourir plutôt que d'être la cause d'un déchirement dans la République. »
Les applaudissements presque unanimes de l'Assemblée répondent à ces nobles paroles. Danton reprend : « Je demande à énoncer ma pensée tout entière sur la situation politique, je comprends que la philanthropie fasse gémir tous les citoyens et le ministre de l'intérieur sur les malheurs de la Révolution; mais ces malheurs
I. C'était la deuxième fois déjà que Danton reniait Marat. (Voir livre xv, p. 85.)