‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 148 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

geste Robespierre à sa place. « Cette menace fut répétée par plusieurs membres du conseil général de la Commune et entendue par plusieurs de mes collègues. »

— Oui, nous l'attestons ! s'écrient un certain nombre d'anciens députés.

« Je remontai k la tribune et je dénonçai le fait à l'Assemblée. La Commune de Paris, ajoulaî-je, peut nous faire assassiner; mais nous faire manquer à notre devoir? jamais! Malgré cette menace réitérée du tocsin, l'Assemblée maintint son refus. Robespierre et les autres membres de la députalion allèrent nous dénoncer à la Commune, et, deux heures après, plusieurs de mes collègues vinrent m'avertir de ne pas passer par la cour des Feuillants, parce qu'on m'y attendait pour m'égorger. »

Un mouvement général d'horreur se manifeste dans l'Assemblée : Robespierre veut de nouveau s'emparer de la tribune. Le président l'arrête : « Robespierre, la Convention ne vous refusera pas la justice de vous entendre. Lorsque vos accusateurs auront fini de parler, vous répondrez à tous en même temps. »

Louvet reprend donc sa philippique; il reproche à son antagoniste et ce qu'il a fait et ce qui s'est fait autour de lui : la fameuse dénonciation qu'il lança le jour même des massacres contre les députés patriotes auxquels il avait osé reprocher d'être vendus à Brunswick; la fermeture des barrières, la proclamation homicide adressée à toutes les municipalités de France; le vote à haute voix imposé au corps électoral sous la menace des poignards; l'élection de Marat, « ce monstre que la Convention rejettera de son sein, s'il y a quelque justice sur terre. »

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

HISTOIRE DE LA TERBEUlî.

Le bouillant orateur développe ensuite, aux applaudissements d'une grande partie de l'Assemblée, une série d'accusations plus virulentes les unes que les autres :

« Oui, Robespierre, je t'accuse d'avoir depuis longtemps calomnié les patriotes les plus purs, d'avoir calomnié ces mêmes hommes avec plus de fureur encore à l'époque des premiers jours de septembre, c'est-à-diredans un temps où tes calomnies étaient de véritables proscriptions.

« Je t'accuse d'avoir, autant qu'il était en toi, méconnu, persécuté, avili la représentation nationale, et de l'avoir fait méconnaître, persécuter, avilir;

« Je t'accuse de t'êlre continuellement produit comme un objet d'idolâtrie, d'avoir souffert que devant toi on dît que tu étais le seul homme vertueux de la France, le seul qui put sauver la patrie, et de l'avoir vingt fois donné à entendre toi-même;

« Je t'accuse d'avoir tyrannisé l'Assemblée électorale de Paris par tous les moyens d'intrigue et d'effroi ;

« Je t'accuse d'avoir évidemment marché au suprême pouvoir! »

Faire examiner par le comité de sûreté générale la conduite de Robespierre; voter immédiatement la loi contre les provocateurs au meurtre et à l'assassinat;, investir le ministre de l'intérieur du droit de requérir la force publique, à charged'en instruire sans retard la Convention nationale; soumettre au comité de constitution la question de savoir si, pour le maintien de la liberté publique devant lequel tout intérêt particulier doit disparaître, il ne serait pas nécessaire de porter une loi pro-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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