‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 152 sur 236 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

lembre, piller le trésor, nager dans le sang de tous leurs ennemis, de tous les bons citoyens... Si l'insurrection qu'ils rêvent éclate, malheur à eux! Nous sommes ici, nous éclairerons, nous calmerons le peuple; ni les protestations de patriotisme de ces agitateurs, ni Ja fuite, ni les souterrains, ne pourront les dérober à la vengeance des lois1... »

Les acclamations de l'immense majorité de l'Assemblée accompagnent les pétitionnaires jusqu'après leur sortie. Elles retentissent encore lorsque les délégués des sections présentent leur pétition, qui est naturellement ia contre-partie de celle que l'on vient d'entendre.

« Le camp n'existe plus, expose le nouvel orateur; Ja capitale n'a plus besoin, pour se défendre, ni de fortifications ni d'armée. Cependant, et quoiqu'il soit de principe constitutionnel que les troupes ne peuvent s'approcher à vingt mille toises du lieu où siège l'Assemblée, des corps, armés ne cessent d'arriver de tous côtés. Serait-ce pour étouffer la voix , pour enchaîner la volonté du peuple?... Rappelez-vous que nous avons tous juré de maintenir l'inviolabilité des personnes et des propriétés; le peuple de Paris n'a jamais violé ses serments... Quel est le motif de ces rassemblements de troupes? les représentants du peuple français ne sont-ils pas assez défendus par le patriotisme et par les vertus du peuple de Paris? Préféreriez -vous des baïonnettes à l'amour et à la confiance du peuple? Auriez- vous les

1 . Yoir le Journal des Débals et Décrets, n° 47, p. 52. Moniteur, n°3<0.

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terreurs des despotes, vous qui les avez fait trembler, vous qui n'avez mérité notre confiance que par votre courage à les combattre? Ah! soyez toujours" forts de votre conscience, et vous ne craindrez pas la voix du peuple; nous nous sommes dépouillés de nos armes pour les donner aux volontaires qui marchaient à la défense des frontières. Nous sommes sans armes et environnés de soldats armés. Nous vous le disons avec franchise : le temps presse, l'orage s'annonce dans le lointain, votre devoir est de le prévenir; vous le remplirez, vous ordonnerez au plus tôt au conseil exécutif de faire marcher contre l'ennemi les généreux défenseurs de la pairie... C'est'Ie vœu de tout le peuple de Paris. »

Ces audacieuses paroles font naître dans le sein de l'Assemblée des sentiments divers. La Gironde réclame l'ordre du jour; la Montagne, le renvoi de la pétition au ministre de la guerre, pour faire donner aux fédérés un ordre de départ.

« Citoyens,» s'écrie un courageux député de ladroite, Rouyer, en s'adressant aux délégués des sections qui étaient restés à la barre, «< vous voulez de la franchise, je vais en user avec vous ; vous voulez la vérité, je vais vous la dire : Parisiens, qu'avez-vous fait, que faitesvous pour réprimer les agitateurs, pour empêcher qu'au milieu de vous des hommes audacieusement criminels provoquent chaque jour au meurtre et à la violation des lois?... Tant que les commissaires des sections parleront au nom du souverain, lorsqu'ils n'en forment qu'une très-petite portion; tant que vous-mêmes, citoyens de Paris, vous n'obéirez pas aux décrets portés par les

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