LIVRE XVII
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représentants de toute la République, nous ne vous regarderons pas comme dignes de la liberté que tous avez conquise. A peine des fédérés sont-ils arrivés ici qu'on lance contre eux des soupçons injustes et offensants : je suis certain qu'il n'est pas un député qui ne réponde des volontaires de son département. Pour moi je déclare que plusieurs de ces fédérés sont de ma ville, et j'en réponds sur ma tête. Ils sont nos frères; ils ne combattront jamais que pour la liberté et pour faire rentrer dans la poussière des reptiles insolents. » u A Rouyer succède Barrère, c'est-à-dire à la franchise, la duplicité.
« Depuis plusieurs jours, dit l'ex-constituant, nous nous livrons à des débats qui ne tournent point au profit de la chose publique, il nous semble que nous n'osons pas aborder la vérité, et cependant nous sommes à la veille d'un jour où Ton doit s'occuper non pas de l'intérêt de la République, mais de l'intérêt de quelques particuliers, de quelques dictateurs qui n'auront pas même l'honneur de voir leurs noms inscrits dans les mémoires historiques de la Révolution française. D'un côté ce sont les fédérés qui demandent la tête de Marat, de l'autre ce sont des agitateurs qui préparent des mouvements pour demain. Les uns et les autres sont à mes yeux des hommes qui ne méritent les regards de la loi que pour en être frappés. »
Cet exorde avait conquis à Barrère la sympathie des centres, il se croit dès lors assez fort pour porter le coup de grâce au projet de la Gironde.
« Toutes ces agitations, continue-t-il, semblent naître
du projet qui vous a été présente relativement a la création d'une force armée. J'ai cru et je crois encore que, s'il y a une mesure insuffisante et ridicule, c'est celle de cette garde d'honneur; car quel autre nom peut-on donner à la garde départementale que l'on vous a proposée? Que pourrait une force de quatre mille hommes contre une population telle que celle de Paris? Pourraitelle empêcher une émeute dirigée contre vous? Notre garde d'honneur doit être l'opinion publique. C'est la seule qui nous convienne, c'est la seule sur laquelle nous puissions compter. »
Avant ainsi frappé à droite, Barrère devait, pour conserver son renom d'impartialité, frapper aussi à gauche. 11 n'y manque pas
« 11 est un monstre qu'il faut enfin attaquer, qu'il faut abattre-, c'est le monstre de l'anarchie, dont ia tête s'élève du sein de la Commune de Paris et dont les bras s'étendent sur toute la cité. Les sections se sont-elles soumises à la loi sur le scrutin? Non. Elles ont oublié que le scrutin fermé était la sauvegarde de la liberté des opinions. Le scrutin fermé est celui qui convient au citoyen, parce qu'en exprimant son vœu, il doit être indépendant et libre comme s'il écrivait dans son cabinet. Le vote à baute voix ne peut convenir qu'aux mandataires du peuple, parce que leurs opinions doivent être publiques et toutes leurs opérations connues. Les sections de Paris, dans les élections auxquelles elles procèdent, donnent chaque jour l'exemple de la violation de ces principes. Il faut que vous fassiez cesser cette anarchie, il faut que le conseil général de la Commune
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