‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 156 sur 236 · livre xvir · texte numérisé non relu

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renversé et par la République qui s'élève sur ses ruines! »

Arrivant aux massacres de septembre, Robespierre répète le récit qui traîne depuis sis semaines dans toutes ■les feuilles démagogiques. 11 les attribue à un mouvement irréfléchi du peuple parisien tout entier. « Que pouvaient faire les magistrats contre la volonté d'un peuple indigné de la trop longue impunité dont avaient joui ses ■ennemis? fis ne pouvaient que l'engager à suivre des ■formes nécessaires, dont le but était de ne pas confondre ■avec les coupables qu'il voulait punir les citoyens détenus pour des causes étrangères à la conspiration du 10 août. Ces formes ont été suivies. Des officiers municipaux ont rempli- l'office de juges; c'était là le seul ■service que les circonstances leur permettaient de rendre à l'humanité, et c'est pour ce service qu'on vous les a représentés comme des brigands et des monstres sanguinaires1 ! »

L'orateur n'a pas de peine à prouver que ses adversaires n'ont pas tenu tout d'abord sur les journées de septembre le langage qu'ils tiennent aujourd'hui, et que, par ■leurs lâches apologies de la justice du peuple, ils se sont Tendus solidaires des crimes qu'ils reprochent à la Commune. « Roland lui-même n'a-t-il pas reconnu l'esprit «le prudence et de générosité du peuple? Monsieur Louvet lui-même ne commençait-il pas une de ses affiches

^ . Ici encore Robespierre confirme lui-même, et de la façon la plus ■explicite et la plus npprobative, le Tait que des officiers municipaux assîslaient, comme juges et revêtus de leurs écharpes, aux effroyables ■exécutions de la Force et des autres prisons.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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de la Sentinelle par ces mots : Honneur au conseil général de la Commune! Il a fait sonner le tocsin, il a sauvé la pairie! » Robespierre est moins bien inspiré lorsqu'il s'attendrit sur le sort « d'un innocent, le seul., assure-t-on, qui ait péri ce jour-là. »

Certes, deux mois après que l'effroyable statistique des massacres avait été dressée par les bourreaux euxmêmes, quand à Bicêtre seulement quarante-trois enfants âgés de moins de dix-sept ans avaient été immolés1, il fallait une horrible impudence au défenseur officieux du comité de surveillance pour prétendre qu'une seule méprise avait eu lieu, qu'un seul innocent avait succombé.

Continuant à déguiser la crudité de ses sentiments haineux sous cette sensiblerie de commande si fort à la mode à cette époque, Robespierre s'écrie : « Réservez vos larmes pour cent mille patriotes immolés par la tyrannie, pour les fils des citoyens massacrés au berceau et dans les bras de leurs mères; consolez-vous en assurant le bonheur de votre pays et en préparant celui du monde. La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté, m'est suspecte ; cessez d'agiter sous nos yeux la robe sanglante du tyran, ou je croirai que vous voulez remettre Rome dans les fers. En lisant ces tableaux pathétiques du désastre des Lamballe, des Mont-

1. Voir tome IU, pages 295 et S47. Los états du comité de surveillance sont datés du 40 septembre, et les listes particulières pour chaque prison sont datées du mois d'oclobre. Robespierre, le 5 novembre, avait donc eu temps de se renseigner parfaitement sur le nombre, l'âge et le3 antécédents des victimes, puisqu'un intervalle de deux mois séparait les boucheries de septembre de son panégyrique.

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