LIVRE XVIII
révolution qu'il a faite avec les crimes que quelques scélérats ont commis dans ses murs. Je veux défendre Paris; ceux, qui s'en disent les amis ne cherchent qu'à le perdre! 1-1 est des hommes qui veulent exciter de nouveaux troubles, enfanter de nouveaux excès, fatiguer le peuple pour qu'il se jette dans leurs bras. Il est des hommes qui veulent persuader à la ville de Paris qu'elle doit avoir une inlluence prépondérante sur les autres départements, qui veulent l'élever au-dessus des autres sections de la république et lui faire exercer sur tout le reste de la France une espèce de magistrature et de despotisme. J'avertis Paris que c'est un piège qu'on lui tend, que les autres départements ne permettront jamais la violation de l'égalité de droit entre les sections' de l'empire; je l'avertis que, s'il suit les conseils de ses perfides flagorneurs, s'il ose faire un pas vers la domination, il ne fera qu'exciter l'indignation de la République, soulever les départements et courir à sa perte. Vous flattez Paris; je l' éclaire. Je suis républicain et vous ne l'êtes pas. Je ne m'abaisse pas plus devant une section du peuple que devant la cour. d'un roi. Je ne courbe pas mon front eji vil courtisan devant la fraction du souverain qui m'entoure; mon souverain, c'est la nation tout entière! Le rapport de Bazire n'est qu'une apologie d'attentats que Paris désavoue. Une peut qu'égarer l'opinion, loin del'éclairer. »
Les murmures de l'extrême gauche couvrent un instant la voix de l'orateur. Lasource reprend : « J'avertis mes interrupteurs que je ne cesserai d'éclairer le peuple, qu'ils trompent pour l'asservir. Ils ne parviendront à régner qu'après avoir étouffé ma voix et teint de mon sang
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le sceptre dont ils veulent opprimer la nation. Je demande l'ordre du jour sur l'impression du rapport. »
Plusieurs députés jacobins demandent à répondre aux deux orateurs de la Gironde, mais l'Assemblée ferme la discussion, refuse au rapport de Bazire les honneurs de l'impression et frappe ainsi d'un blâme implicite l'œuvre faussement attribuée au comité de sûreté générale. L'extrême gauche réclame contre cette décision ; elle voudrait que la question fût posée de nouveau par l'appel nominal. Mais Pétioo, qui a remplacé Héraull-Séclielles au fauteuil, lève la séance, et les amis de Bazire sont obligés d'attendre une autre occasion pour prendra leur revanche et enlever subrepticement un décret à la Convention comme ils avaient surpris un rapport à l'un de ses comités.
La nouvelle tentative des montagnards porta sur la manière dont devait être entendu et exécuté un autre article du décret que Barrère avait fait voter, le h, article qui ordonnait au ministre de la guerre de rendre compte des mesures qu'il avait prises pour le casernement des fédérés.
Les nouveaux volontaires affluaient dans Paris, surtout depuis que la Convention avait ordonné l'impression et l'envoi aux quatre-vingt-trois départements de la pétition des Marseillais. Les jacobins des départements signalaient aux frères et amis de la rue Saint-Honoré le départ ou le passage de ces fédérés, qui paraissaient