‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 174 sur 236 · livre xvur · texte numérisé non relu

livre xvur

il se présente au comité militaire, il vient vous dire que Custineest sur le point d'être coupé. Supposition maladroite! prétexte qui ne trompera personne! Où donc est l'armée de Kellermann, où donc est l'armée de Biron? Comment veut-on nous faire croire que vos i 5,000 hommes arriveraient assez tôt à Mayence? Mais, d'autre part, il faut examiner ta situation de Paris. Vous avez entendu il y a quatre jours l'incroyable rapport du comité de sûreté générale et vous avez passé à Tordre du jour parce qu'il n'exposait pas la situation véritable de cette ville. Les lois y sont-elles exécutées? Le trésor national y est-il en sûreté? La vie des meilleurs citoyens y est-elle assurée? Le ministre de la guerre y répond-il de la tranquillité publique? Quant au ministre de l'intérieur, il vous a déclaré qu'il n'en répondait pas. Pour éviter tous ces dangers, je ne vois d'autre moyen que de retenir à Paris les véritables républicains qui sont venus défendre !a liberté; ils partageront les fatigues des citoyens de Paris, ils se protégeront .fraternellement; ils consolideront l'union et la fraternité de tons les Français. Ouvrons la discussion sur la garde départementale; traitons-la de bonne foi, cette question, et je prouverai que l'intérêt de Paris y est attaché tout entier. Nous voulons l'unité de la République. Le meilleur moyen de l'assurer est l'organisation de cette force armée. »

Cambon remplace Barbaroux à la tribune. Dans son discours, souvent applaudi par la Gironde, plus souvent encore interrompu par les murmures de la Montagne, il dépeint l'effroyable anarchie dont la capitale a été le théâtre depuis le 10 août jusqu'à la réunion de la Con-

veation. « Dites jusqu'à présent, crient plusieurs députés. »

Il rappelle en combien d'occasions les agitateurs ont cherché à avilir !a représentation nationale^ comment ils ont provoqué au massacre des patriotes les plus purs de l'Assemblée en les faisant passer pour des complices de Brunswick. « Alors, s'écrie-t-il, il n'y avait point à Paris de force publique. Voudrait-on recommencer ces tristes journées? Voudrait-on les inaugurer par le renvoi des fédérés? Quoi! on leur dirait : partez, ou nous ne vous payerons plus; vous êtes des départements, vous n'êtes pas de Paris; vous n'êtes rien pour nous. Partez! Dirat-on encore : ce sont les députés des départements méridionaux qui parlent ainsi; ils veulent le gouvernement fédératif. Je répondrai : Si les départements méridionaux, voulaient le gouvernement fédératif, nous ne serions pas ici; nous leurs députés. Ils l'auraient, s'ils le voulaient; mais ils ne le veulent pas. Ils nous ont dit unanimement : « Allez à la Convention signer Je pacte social; allez « vous engager pour. nous et nos enfants; établissez la « liberté, l'égalité et faites cesser l'anarchie. Nous vou- « Ions rester uois à nos frères, nous voulons le bien «commun; nous voulons l'ordre et le règne des lois; « allez signer ces obligations mutuelles. » Voilà les sentiments de nos frères du Midi ; et l'on veut repousser des citoyens qui viennent avec de telles intentions1 ! »

1. Cette partie du discours de Cambon est évidemment une réponse à l'un des passages du facUim de Bazire lu, le 4, aux Jacobins et qui avait été supprimé dans l'édition revue et corrigée que le

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