‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 175 sur 236 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

Garnier (de Saintes) défend le projet du comité ; « Custine est en danger, il faut le secourir. Paris peut-il fournir ce renfort? Où le prendre, si ce n'est dans un endroit où des troupes sont en grand nombre et tout habillées, équipées et prêtes à partir? Quelle est cette futile distinction que l'on veut établir entre les fédérés et les volontaires nationaux? Est-ce que les fédérés ne sont pas des volontaires nationaux? Est-ce qu'ils ne sont pas tous soldats de la République? Paris., dit-on, a besoin de forces. Paris, sans doute, a été dans l'anarchie; mais est-ce que l'anarchie n'est pas la conséquence inévitable des révolutions? Aujourd'hui Paris est tranquille et la garde nationale de cette ville suffît à sa garde et à celle de la Convention. »

Barrère avait été vivement froissé d'entendre son rival

soi-disant rapporteur avait donnée le 6 à la Convention. Voici ce passage :

« Le3 intrigante voient que la révolution s'est faite à Paris, qu'elle est principalement l'ouvrage de leurs adversaires; ils ont besoin de terrasser des hommes connus, ils ont à se venger de Paris qui a su les apprécier, ils veulent s'éloigner pour affermir leur domination et réaliser leurs idées de fortune. Ainsi, cette révolution est devenue une mine féconde de calomnies contre lei hommes do génie qui en ont tracé le plan et contre le peuple qui a eu l'énergie de l'opérer..-.. Nos perfides tacticiens, très-exercés au grand art de mener des assemblées nombreuses, excitent, intéressent les amours-propres et font éclore la discussion à leur gré. Les questions se succèdent avec une rapidité telle qu'on n'a pas le temps de les considérer; ce qui aggrave encore le malheur de notre situation politique, c'est que plusieurs députés méridionaux, dont le vœu pour le gouvernement fédératif est mal déguisé, appuient le système de diffamation contre Paris pour inspirer de se séparer de cette grande commune. »

1IIST0IAE DE LA TERREUR.

en influence, Lacroix, parler en faveur du départ des fédérés. Naturellement il ne peut adopter le thème développé par le président du comité de la guerre; d'ailleurs, tenant a se faire pardonner par la Gironde sa récente sortie contre la garde départementale, il change le terrain de la discussion; il dirige ses attaques contre la Commune, c'est-à-dire contre le quartier général même où se forgent les pétitions demandant le départ des nouveaux fédérés. Comme les timides qui se décident h sonner la charge et à donner le signal du combat , comme les poltrons révoltés, suivant une expression vulgaire mais caractéristique, il va plus loin qu'aucun de ceux dont il se fait pour un jour l'allié; il porte des coups plus violents que ne l'ont jamais fait les Girondins; il se livre, vis-à-vis de la puissance qui trône à l'Hôtel de ville, à des révélations plus irritantes que toutes celles qui ont jamais pu être lancées contre elle.

En commençant, il déclare qu'il ne veut caresser ni irriter aucune passion, mais rétablir les faits et en tirer les conséquences. « Dimanche dernier, après la lecture de la pétition des fédérés, il a été ordonné au comité de sûreté générale de faire un rapport sur la situation de Paris et sur les moyens d'y garantir le respect des lois. Au lieu de ce rapport, le comité vous en a fait un sur les événements du 2 septembre qu'on ne lui demandait pas. Voici maintenant le comité militaire qui vous présente un rapport et un projet de décret qui ne lui avait pas été réclamé. On veut nous alarmer pour obtenir le départ de toutes les troupes qui se trouvent à Paris et on néglige de mettre en mouvement toutes celles qui sont disponi-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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