‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 176 sur 236 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

bles dans les départements environnant la capitale. Il y en a notoirement à Soissons, M eaux, Crépy, Villers- Cotterets, la Fère, Noyon, Fontainebleau, Versailles, qui n'attendent que le signal du départ. Voilà des faits; j'en tire la conséquence qu'il n'y a pas un besoin si urgent de tirer de Paris les volontaires qui y sont, et qu'au moins on nous doit laisser le temps d'examiner la question avec la sagesse et la maturité qu'exige son importance. Un autre côté de la question, c'est ia situation de la capitale. Ne sommes-nous pas dans des circonstances extraordinaires? Le royalisme relève la tête, une foule d'aristocrates, de prêtres réfracta ires, d'émigrés rentrés affluent dans Paris. Sait-on de quels éléments est composé le conseil général de la Commune? II faut bien que je revienne sur ce sujet, car c'est là la pierre d'achoppement. Oui, si la Convention nationale, immédiatement après avoir aboli la royauté, avait chassé ce conseil général, elle aurait bien mérité de la patrie. Né au bruit du canon et au son du tocsin, ce conseil aurait du disparaître aussitôt que la révolution a été faite. Au contraire, on a montré de la faiblesse, on a eti des ménagements pour lui et bientôt on l'a vu chercher à avilir la représentation nationale! On l'a vu braver audacieusement les ordres de l'Assemblée. II ne faut pas que les mêmes intrigants puissent tenter de nouveau de réaliser un système de terreur qui leur a "valu un premier succès. Il ne faut pas qu'ils puissent avoir l'espérance de l'entreprendre une seconde fors. Cela posé, est-il bon qu'il y ait une force publique imposante à Paris? Oui, sans aucun doute. Faites-vous donc rendre compte de l'état de Paris. Toutes

les autres questions ne peuvent être discutées, décidées, que lorsque vous serez complètement éclairés sur ce point. Le projet de votre comité militaire est prématuré, le projet de la force départementale Test également. Si cependant il fallait immédiatement délibérer sur la question qui vous est soumise dans ce moment, je dirais que vous pouvez faire partir les bataillons organisés, mais non pas les volontaires fédérés qui sont venus pour rester à Paris. De quel droit voudriez-vous forcer ces citoyens à s'organiser en bataillons et à marcher aux. frontières, quand leurs départements ont déjà fourni leur contingent? La Convention peut adopter le premier article, mais elle doit ajourner le reste jusqu'à ce qu'elle ait discuté le projet de décret sur la force armée départementale. »

Le discours de Barrère soulève cette fois les colères montagnardes. L'extrême gauche demande si Barbaroux ou tout autre député a le droit de faire venir à Paris une force armée avant que la Convention en ait ordonné la formation. Jean Bon Saint-André, Legendre, Bourbolle, réclament avec insistance l'adoption immédiate du décret tout entier.

Pétion veut prêcher la concorde et la liberté des opinions. Il invite lui-même ses collègues à ensevelir dans l'oubli les souvenirs de septembre, mais il est à peine écouté. C'est au prix des plus grands efforts que le président peut obtenir un instant de silence pour mettre aux voix l'article premier du décret. Comme Rouyer le propose, il est écarté par un ordre du jour motivé sur ce qu'il existe un décret qui met à la réquisition du ministre de la guerre tous les bataillons de volontaires nationaux. Puis,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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