LIVRE XYIII
malgré les cris de fureur poussés par la Montagne, la question préalable est adoptée sur tous les autres articles.
Quelques jours après, le 16 novembre, la Convention confirme cette décision par une autre plus formelle encore. Apprenant que le général Berruyer, général commandant la division de Paris, a envoyé des ordres de départ à des volontaires du Lot, elfe décrète1 : « Que tous « les volontaires venus au secours de Paris, resteront « provisoirement dans l'état où ils sont. »
Les Girondins conservaient encore la majorité- Ils venaient de mettre à néant le rapport de Bazire, d'écarter par la question préalable la proposition dont Letourneur avait consenti à être1 le complaisant organe; que firent-ils pour mettre à profit cette double victoire? Rien, absolument rien.
L'anarchie n'était pas la seule ennemie que la Convention eût à combattre à l'intérieur, il lui fallait encore lutter avec, la faim : la récolte de' 1792 n'avait pas été mauvaise, mais la peur du pillage, le peu de sûreté des routes, les visites domiciliaires avaient fait cacher les blés. Dès le commencement de septembre, la libre circulation des céréales fut l'occasion de troubles dans plusieurs localités de l'Est, surtout dans celles , où devaient nécessairement s'approvisionner les armées qui défen-