Journal des Débats et Décrets, p
liaient pied à pieci le territoire. La nécessité d'assurer les subsistances militaires avait fait prendre au conseil exécutif des mesures extraordinaires qui, continuées audelà de l'époque où elles étaient indispensables, avaient jeté une grande perturbation dans les ventes et les achats de grains.
Les ministres et l'immense majorité des représentants du peuple étaient très-favorables à l'entière liberté du commerce. Ils y voyaient avec raison le seul remède au renchérissement des blés. Malgré les préjugés de la multitude, ils maintinrent leur opinion avec beaucoup de fermeté.
Cependant les émeutes qui avaient éclaté dans le commencement de l'automne se mullipliaient.de plus en plus. Le 30 octobre, Fabre (de l'Hérault), au nom des comités d'agriculture et de commerce, avertit la Convention que la circulation des blés éprouve les plus grandes entraves dans les départements de Seine-et-Oise, de l'Aisne et de la Somme; aux termes du rapport, ces troubles ont été provoqués par les excitations des trop fameux, commissaires du pouvoir exécutif. Fabre annonce également que les deux comités, au nom desquels il parle préparent un projet de loi destiné, s'il est possible, « à concilier les intérêts de l'agriculteur avec ceux du consommateur, à surveiller le commerce sans te gêner, à entretenir une abondance constante dans une vaste république et à la faire circuler dans les parties les plus stériles1. »