‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 18 sur 236 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

cris suprêmes des victimes dont retentissaient encore ïes échos des prisons5?

Aux journalistes Desmoulins et Ma rat furent adjoints quelques folliculaires en sous-ordre, Laignelot, Lavicomterie, Robert,. Fréron, tous alors les très-humbles serviteurs de Robespierre. Celui-ci exerçait sur l'assemblée électorale une telle domination qu'il faisait repousser ou élire à son gré qui bon lui semblait. Le secrétairegreffier de la commune insurrectionnelle, Tallien, avait donné assez de gages aux ultra-révolutionnaires pour croire son élection assurée-, un mot imprudent lancé contre le grand prêtre de la démagogie le fit écarter de la liste2. Robespierre avait un jeune frère qui avait toujours habité Arras ; il manifeste le désir de le voir siéger

1 . Le procès-verbal de l'assemblée électorale ne fait qu'une seule allusion aux meurtres qui se commettaient alors dans Paris ; c'est pour enregistrer la motion d'un électeur, appartenant probablement à la banlieue, qui demande qu'il soit jeté de la chaux vive dans les carrières où viennent d'être enterrées les victimes. Mais, en revanche, ce même procès-verbal mentionne la réception fraternelle faite : 1* aux citoyens de lu patrie qui viennent d'accompagner les conspirateurs déposés dans les prisons d'Orléans, c'est-à-dire aux soldats de Fournier qui avaient égorgé ou laissé égorger, à Versailles, les prisonniers confiés à leur garde; 2" à une députa tion des malhe ureuscs victimes de l'insurrection d' Êtampes, c'esl-à-dire aux assassins de Sitnonnoau. L'assemblée électorale non-seulement invite aux honneurs do la séance ces deux bandes de meurtriers, mais elle presse le commandant général Sanlerre, l'un de ses membres, de faire entrer dans les rangs de l'armée les deux individus qui avaient été condamnés à mort trois mois auparavant, par le jury de Seine-et-Oise, comme convaincus d'être les auteurs principaux de l'assassinat du maire d'Étampes. (Voir tome Ier, livre I"r, §§ vm et ix, et note vu.)

2- Tallien avait voulu commencer ainsi un discours : « Je ne suis pas

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à ses côtés à la Convention. Ce désir est un ordre pour les élecleurs,qui s'empressent d'élire député de Paris ce jeune homme sans antécédents et qu'aucun d'eux ne connaît1. Ainsi, à peine en possession de la puissance publique, ceux qui se prétendent les représentants des idées nouvelles imitent et amplifient les pratiques de l'ancien régime. En 1792, un aîné dispose, en faveur de son frère, d'un siège à la Convention ; attendons quelque temps encore, et un autre parvenu de la révolution fera asseoir ses puînés sur des trônes.

vin.

Le 19 septembre, vingt-trois députés avaient été élus, il n'en restait plus qu'un à nommer. Les démagogues parisiens consentirent à donner leur appui à un candidat qui espérait trouver, au sein de la Convention, un refuge contre les proscriptions futures, et qui n'y rencontra que les remords, le désespoir, le trépas.

Brissot, » — on l'acclame — «je ne suis pas non plus Robespierre... » on le hue et on l'empêche de continuer. (Voir la brochure J.~B. Louvel à Maximilicn Robespierre et « ses royalistes, citée dans l'Histoire -parlementaire, tome XXI, p. 116-138.)

1. Dans la note 1™ du tome II, nous avons donné un extrait du procès-verbal du département du Pas-de-Calais qui prouve qu'au commencement de juillet 179â, Robespierre jeune résjtlaït à Arras, où il s'essayait dans le rôle de tribun que son frère jouait avec tant do succès à Paris; le procès-verbal de l'assemblée électorale du même département (septembre 1792) constate que Robespierre jeune en faisait partie. 11 n'était donc pas mime à Paris lorsqu'il y fut élu député.

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