‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 191 sur 236 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

prendre. Il ne suffit pas que l'Assemblée venge d'une manière qui l'honore la majesté nationale avilie dans la personne de ses commissaires, il faut en même temps qu'elle prouve qu'elle est guidée par l'amour de la liberté et du peuple lui-même, il faut qu'elle confonde tous les partisans du royalisme et de l'aristocratie.

« Je demande, s'écrie-t-il, que demain le tyran des Français, le chef de tous les conspirateurs, soit condamné à la peine de ses forfaits; qu'après-demain, en conciliant les droits de la propriété avec la vie des hommes, vous prononciez sur les subsistances. Alors tous les ennemis de la liberté tomberont à vos pieds, et vous aurez ramené au sein de cette Assemblé l'impartialité et la concorde1. »

La Montagne applaudit Robespierre ; elle applaudit également Lacroix lorsqu'il propose que le ministre de la guerre soit chargé sous sa responsabilité de diriger sur Chartres des forces suffisantes pour imposer aux séditieux.

Certains jacobins n'étaient probablement si grands partisans d'une expédition militaire contre les rassemblements que parce qu'ils y voyaient une occasion de se débarrasser des fédérés, que, quelques jours auparavant, la Convention, par un décret formel, avait ordonné de conserver à Paris2.

Les girondins devinent la secrète pensée de leurs

4. Journal des Débats et Décrets, p, 5EM, n« ?*. Moniteur, n*> 337.

t. Voir plus haut, page 371.

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adversaires. Aussi Lauze Doperret, le compatriote et J'ami de Barbaroux, demande-t-il que l'on retienne dans la capitale les troupes nécessaires pour garantir la Convention contre les provocateurs qui l'environnent et appellent tous les jours l'insurrection contre elle. « On n'exécute, dit-il, dans le département d'Eure-et-Loir, que les principes qu'on prêche à Paris. »

Duperret est interrompu à chaque phrase par les clameurs de la gauche et les applaudissements de la droite. L'agitation est à son comble; Barrère, qui préside, parvient à mettre aux voix la proposition de Lacroix ; elle est adoptée, mais la discussion n'en continue pas moins. Buzot demande que la Convention prenne des mesures, générales a6n de couper court aux séditions qui se propagent; il faut, suivant lui, que le conseil exécutif soit tenu de déclarer sur-le-champ s'il répond de la tranquillité publique ou s'il a besoin que la Convention lui fournisse les moyens de la maintenir.

La Montagne, qui voit revenir l'éternelle question de la garde départementale, empêche l'orateur de continuer. « Puisque la tribune n'est pas libre, s'écrie Buzot, je me retire. » Marat s'élance pour le remplacer. Son apparition est accueillie par des cris : A bas! à bas! partis des rangs de la droite.

« Tant que vous aurez de pareils hommes parmi vous, dit Kersaint, ne soyez pas étonnés que le peuple vous manque de respect! » — « Président, retirez la parole à Marat! » s'écrient une foule de députés. Barrère est obligé d'obéir aux injonctions qui lui sont faites. Il ordonne à l'ajni du peuple d'évacuer la tribune et prie

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