‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 193 sur 236 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

Les murmures e,l les applaudissements s'entre-croisent. Legendre s'écrie : « Comment voulez-vous rétablir l'ordre dans la République, si vous n'avez pas la sagesse de le faire ici? » Lacroix appelle la sévérité de la Convention contre les trois commissaires qui ont préféré la vie au strict accomplissement de leur devoir. « On leur présentait la hache, dit Manuel , la hache ou la plume : ils devaient prendre la hache et se couper la main ! »

Biroteau, l'un des commissaires inculpés, réclame vivement la parole. « Est-ce pour se défendre? crie-t-on de différents côtés. — Non , dit Bazire, c'est pour appeler eux-mêmes, sur leurs têtes, toute la sévérité de l'Assemblée. » Mais la majorité déclare la discussion close et adopte les trois décrets suivants qui lui ont été proposés dans le cours de la discussion.

« La Convention nationale charge spécialement le « pouvoir exécutif de prendre toutes les mesures néces- « saires pour faire arrêter et punir les chefs d'attroupe- « ments indiqués par le rapport des commissaires de la « Convention et de rendre compte sous huitaine de l'exé- « cution du présent décret.

il. •

« La Convention nationale, sur le compte qui lui a « été rendu par ses trois commissaires envoyés dans le « département d'Eure-et-Loir, improuve la conduite de

le '2 juin 1793; cela n'empêcha pas Ducos de périr, quelques mois après, sur I échafaud révolutionnaire avec ses amis el collègues de la Gironde-i

« ces commissaires, qui ont eu la faiblesse de souscrire, « plutôt que de mourir, l'acte qui leur a été présenté, u portant taxe des grains, denrées et autres objets; dé- « clare cet acte nul et de nul effet.

in.

<i La Convention nationale décrète qu'il sera fait une « adresse à tous les citoyens de la République, pour leur » faire sentir la nécessité et les avantages de la libre cir- « culalion des subsistances, et que, dans ladite adresse, il » sera expliqué que la Convention n'a jamais eu l'inten-

i' TION DE LES PRIVER DES MINISTRES DU CULTE QUE LA <* CONSTITUTION CIVILE I>U CLERGÉ LEUR A DONNIÎS. »

Les dernières lignes du troisième décret étaient une réponse à une question très-vivement débattue depuis quinze jours aux Jacobins, dans la presse et dans l'Assemblée : celle du salaire des prêtres. Cambon l'avait soulevée, le 16 novembre, en proposant, au nom du comité des finances, qu'on laissât à chaque secte religieuse le soin de payer les ministres de son culte, et que, supprimant une recette d'une quotité à peu près correspondante à la dépense dont le budget de l'État aurait ainsi été dégrevé, on abolit l'impôt mobilier et celui des patentes. Nous venons de voir combien la seule nouvelle de la présentation du projet de Cambon avait produit d'agitation daiis le sein des populations rurales du pays char-

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