‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 194 sur 236 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

train, du Maine et du Perche. On se demandait déjà si la Convention allait manquer à l'engagement solennel, qu'avait pris la Constituante, de pourvoir à tous les frais du culte en échange des biens qui s'étaient accumulés depuis quatorze siècles entre les mains du clergé français, et qu'elle avait déclaré être à la disposition de la nation.

Chose remarquable) La proposition du comité des finances souleva, à Paris et même aux Jacobins, une très-vive opposition. Les montagnards les plus fougueux la jugeaient « cruelle, injuste, impolitique. »

Dans la presse ultra-révolutionnaire, l'abolition du salaire des prêtres ne rencontra qu'un seul défenseur, Prudhomme1; encore le journaliste présente-t-il ses arguments avec une étonnante modération. Il considère te serment civique, la constitution civile du clergé comme des fautes violant les principes de l'égalité religieuse et de la liberté de conscience. Si le projet de Cambon était adopté, « cette liberté, cette égalité seraient rétablies, écrit-il, personne ne serait plus imposé pour des opinions qu'il ne partage pas; le culte lui-même, étant dégagé de tout serment et de toute obligation politiques, y gagnerait d'être ramené à la simplicité du christianisme primitif. »

Robespierre, dans sa huitième Lettre à ses commettants, est d'un avis tout opposé ; « métaphysique à part, » il condamne l'opération proposée « parce qu'elle est mauvaise en révolution, dangereuse en politique, pas

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