LIVRE XVIII
Ce fut lui qui, dès le début de la campagne en faveur des unions de cette espèce, avait dit : « Quand un prêtre se marie, il avance les mœurs publiques; il donne une preuve éclatante de civisme1. » Ce fut lui encore dont la voix se fit entendre pour célébrer le mariage de Thomas Lindet, le premier évêque constitutionnel qui donna ce scandale2. Dans la séance du 2/t novembre, il demanda que l'Assemblée, « dont le devoir était de former L'esprit public, voulût bien accorder une mention honorable à ce trait de civisme; » mais Prieur (de la Marne) fit voter l'ordre du jour sur cette proposition , parce qu'on ne devait pas de reconnaissance à qui ne « faisait que son devoir de citoyen » 3.
Ainsi s'accomplissaient les sinistres prédictions de ceux qui avaient entrevu les déplorables conséquences des changements apportés dans l'organisation de l'Église de France par les lémérités de notre première Assemblée nationale. Les quelques prêtres qui de bonne foi avaient coopéré à la constitution civile, rougissaient de leur œuvre, et s'apercevaient, mais trop tard, que, loin de travailler au rétablissement des mœurs dans le clergé, ils avaient donnécarrière au dévergondage le plus éhonté. La plupart des prêtres-jureurs avaient commencé par la