Faust, '1" partie, nuit du sabbat
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naissance. L'arrière-petit-neveu de Louis XIV dut s'appeler Egalité, en vertu d'une décision du conseil général de la Commune.
L'arrêté municipal fut pris le 15 septembre, inséré au Moniteur le 17, l'ex-duc fut élu le 19. Ainsi se trouva accompli dans toutes ses conditions le pacte en vertu duquel le malheureux prince appartint désormais corps et âme aux hommes qui devaient le pousser jusqu'à l'abîme du régicide.
Cette nomination fut le dernier acte important qui marqua la session du corps électoral. Satisfaits de posséder un mandat qui semblait les rendre inviolables, les meneurs du parti démagogique ne donnèrent qu'une attention très-médiocre au choix des suppléants qui, cependant, devaient tous venir, avant la fin de la session conventionnelle, occuper les places que l'échafaud "allait rendre vacantes dans les rangs de la dépu talion parisienne1.
Nous avons vu plus haut que les ultra-révolutionnaires avaient fait adopter le principe d'un scrutin épura toire auquel , dans chaque section , seraient soumis les députés élus. Celte mesure devait, aux ternies de la délibération, « renouveler l'esprit de souveraineté dans tous les membres du corps politique. » Mais elle n'a-, vait été inventée que dans l'hypothèse où quelques an-
1. Des vingt-quatre députés de Paris, huit devaient successivement mourir sur l'échafaud durant la session conventionnelle : Égalité, Manuel, Danton, Desmoulins, Fabre d'Églantine, Osselin, Robespierre aîné, Robespierre jeune. Un neuvième, Marat, devait périr assassiné par la main vengeresse de Charlotte Corday.
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cieos membres du parti constitutionnel auraient réussi à se glisser parmi les vingt -quatre élus; c'était une dernière carte à jouer que les habiles meneurs de l'Hôtel de Ville s'étaient réservée. La députation parisienne étant sortie de l'urne électorale pure de tout mélange anticivique, la précaution devint naturellement inutile. Quelques sections, fidèles au. programme primitif, déclarèrent approuver les chois du corps électoral, beaucoup d'autres s'abstinrent; on ne fit aucun recensement officiel de ces votes. La session du corps électoral fut déclarée close1, et l'on congédia ce troupeau d'électeurs que pendant vingt-trois jours on avait parqué dans la salle des Jacobins et auquel on avait imposé les Collot-d'Herbois, les Robespierre, les Marat et les Santerre pour guides et pour pasteurs.
Dans les départements les élections conventionnelles se firent généralement d'une manière plus légale.
L'esprit qui dominait en chacune des quatre-vingtdeux villes où se rassembla le corps électoral, influa beaucoup sur le caractère des opérations2. Il fut dans
•I. Dans tout le récit des opérations électorales de Paris, nous avons suivi exactement les indications du procès-verbal officiel que nou3 avons eu entre les mains.
2. Aux termes de la loi des 26 février - 4 mars 4790, le corps électoral de chaque département devait successivement se réunir dans les différents chefs-lieux de district, beaucoup plus nombreux que Iiïs
quelques localités franchement jacobin; beaucoup plus souvent girondin, quelquefois même constitutionnel.
Dans un certain nombre de départements, la réunion du corps électoral fut précédée d'une messe du Saint- Esprit célébrée par l'évêque assermenté, un de ses grands vicaires ou un ecclésiastique électeur 1,
Le vœu manifesté par les élus des assemblées primaires de se conformer aux usages de l'ancienne monarchie, leur réunion au pied des autels de nos vieilles basiliques, indiquent assez que, dans la plupart des provinces, on était encore loin d'avoir adopté les idées de la démagogie parisienne, qui déjà professait tout haut la négation de toute idée religieuse.
La première opération des corps électoraux fut natu-
chefs-lieux d'arrondissement actuels. Un roulement avait été établi entre tous les districts. La loi du 13 août, rectifiée par un décret du 19 du même mois, détermina les villes où les corps électoraux se rassembleraient. L'approche de l'ennemi d;ms les départements de l'Est et du Nord fit changer au dernier moment plusieurs des désignations primitives.
4. Nous avons constaté, à l'aide des procès- verbaux officiels, que des messes solennelles précédèrent l'ouverture des séances du corps électoral dans les département suivants :
Aisne, ■
Charente-Inférieure,
Meurlhe,
Allier,
Creuse,
Morbihan,
Aube,
Eure,
Hau tes-Pj'iénées,
Aude,
Eure-et-Loir,
Haut-Rhin,
Calvados,
Loire-Inférieure,
Somme.
Cantal,
Manche,
La clôtura des opérations électorales fut suivie d'un Te Deum dans les déparlements des Côtes-du-Nord, d'Ille-et- Vilaine et de Loir-ot- Cher.
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