‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 21 sur 236 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

Tellement la vérification des pouvoirs donnés par les assemblées primaires. Cette vérification fit connaître que plusieurs de celles-ci avaient eu le courage de demander le maintien de la monarchie et de la constitution de 1791, el de donner à leurs délégués mandat de voter en ce sens 4. *

De semblables pouvoirs étaient en trop flagrante opposition avec l'opinion alors victorieuse pour être admis par les assemblées électorales; les délégués qui en étaient revêtus furent repoussés de l'urne du scrutin. Le même ostracisme fut prononcé, dans quelques départements, à l'égard des signataires des pétitions et des protestations contre la journée du 20-juin 2. C'était l'exé-

1. Nous avons trouvé ce fait officiellement constaté dans les procès-verbaux des assemblées électorales de neuf départements, à savoir : dans l'Allier, pour cinq assemblées primaires dont les noms ne sont point indiqués: dans l'Ariége, pour une assemblée non dénommée; dans les Bouclies-du-Rhône, dont faisait alors partie le district d'Apt, pour l'assemblée de Saigeon; dans le Lot, pour trois sections du district de Cahors; dans Lot-et-Garonne, pour l'assemblée primaire de Caïman;, district rl(! Villeneuve; dans la Sfeurlhe, pour celle de Dieulouard, district de Pont-à-Mousson ; dans la Nièvre, pour celle de Cosne (extra rnuros) ; dans Rhône-et-Loire, qui comprenait en un seul les deux départements actuels du Rhône et de la Loire, pour celle de Saint-Sympborien de Lay; el enfin dans les Vosges, pour celle de Damblin.

2. Le fait est constaté dans les procès-verbaux de l'Aisne, d'ille— et- Vilaine, de Maine-et-Loire, de la Haute-Loire et de la Somme. Dans t'Orne, on se livra à des recherches bien autrement réfrospeettves. Un ancien constituant, Goupil de Prefeln, fut déclaré par ses coélecteurs indigne de siéger parmi des hommes libres , pour avoir, quinze mois auparavant, voté en faveur de la révision de la constitution. Par la même occasion, on exclut son gendre, qui n'avait pas te même méfait à se reprocher, mais que sa seule parenté rendait suspect.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

d2 HISTOIRE DE LA TERREUR.

culion du mot d'ordre adopté à Paris sous l'inspiration de Robespierre, expédié par la société des Jacobins à toutes les sociétés affiliées et transmis par elles aux corps électoraux sur lesquels elles pouvaient avoir quelque influence. Conformément à une autre partie du programme parisien, les ultra-révolutîonuaires essayèrent de faire substituer le vole à haute voix au mode légal du scrutin secret. Ils n'y réussirent que dans une dizaine de départements1. Partout où cette violation flagrante de la loi fût commise, on voit qu'elle ne fut acceptée que sur l'invitation, c'est-à-dire sur l'ordre de la Société des Amis de la constitution du chef-lieu électoral ; à Meaux, ce furent trois commissaires de la Commune de Paris qui l'imposèrent le lendemain du jour où le massacre de sept prêtres avait ensanglanté les prisons de cette ville2.

Certaines assemblées électorales se prétendant, suivant la doctrine démagogique, investies de la totalité de la souveraineté populaire dans leur ressort, se substituèrent aux administrations régulières et, de leur autorité privée, prirent en main tous les pouvoirs. Parmi celles qui se livrèrent à de pareilles usurpations, il faut citer l'assemblée des lïouches-du-Rliône, qui était présidée par Barbaroux, Fier d'avoir, le 10 août, abattu a ses pieds l'antique monarchie, le jeune révolutionnaire était

i. L'adoption du vote à haute voix est constatée dans les procèsverbaux des départements de lu Corrèze, de la Drôme, du Gers, de l'Hérault, de l'Oise, des Hautes-Pyrénées, des Bouches-dii-Rhône, du Lot et de Seine-et-Marne.

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