Moniteur, p
4. Bonnemant est le commissaire dont nous avons parié tome III, p. 338 et 347, à l'occasion des massacres de Couche et de Lyon.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Parrain et Corchant, dans la Seine - Inférieure et dans l'Oise 1 ;
Clémence, dans les déparlements de l'Est3 ;
Morin, dont nous n'avons pu retrouver l'itinéraire ;
Chauderlos de Laclos, à l'armée de Luckner;
Hion, Brochet et Gonord, à Châlons-sur-Mame et dans les départements environnants.
Les commissaires de la Commune de Paris furent nommés le 3 septembre, au moment même des massacres, en vertu d'une délibération ainsi conçue:
« Le conseil général, voulant inviter Jes citoyens de fous /es déparlements de l'empire à se réunira leurs frères d'armes, qui sont disposés à mourir plutôt que de se laisser replonger dans l'esclavage ,
« A arrêté que vingt-quatre commissaires seraient pris dans son sein pour engager les citoyens des départements à se réunir à l'armée parisienne, et à employer tous les moyens qui sont en leur pouvoir, pour repousser l'ennemi; en conséquence,
nomme les citoyens dont les noms suivent. .
pour remplir la mission qui leur est déférée, et prie tous ses concitoyens des villes et des campagnes de leur porter secours à toute réquisition, et tout ce qui sera en leur pouvoir pour les aider dans leur mission. »
Ce fut le fameux Hébert et deux autres de ses collègues moins connus, Darnaudry et Jolly, qui furent chargés de dresser la liste de ces vingt-quatre apôtres des doctrines maratistes.t On pouvait s'en rapporter à eux. Le conseil exécutif provisoire, que Danton dominait par la terreur dans les jours néfastes de septembre, se hâta de régulariser les pouvoirs de ces commissaires par un arrêté que nous avons trouvé sur le registre de ses délibérations et qui est ainsi oonçti .-
il CONSEIL EXÉCUTIF PROVISOIRE.
». Le conseil exécutif, voulant obvier à l'inconvénient résul-
i. Parrain et Corchant sont les deux commissaires qui arrêtèrent à Forges le duc de la Rochefoucauld. Voir tome III, p. 349. '2. Voir au moniteur, sa lettre datée de Metz, 0 septembre.
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tant de ce que les volontaires affluent dans la ville de Châlons sans être munis d'armes et de subsistances, en sorte que le département a été forcé d'en renvoyer une grande partie dans leurs foyers,' arrête que vingi-quaire commissaires , membres (le la Commune de Paris seront envoyés dans les quatre-vingttrois départements pour aller exciter de nouveau le zèle des citoyens et diriger le mouvement qui les porte vers la défense des frontières et de la capitale, et que ces commissaires se concerteront dans leur route avec ceux déjà envoyés dans seize départements environnant la capitale, et les préviendront de la nécessité de veiller à ce que les volontaires partant pour se rendre à Chàlons soient tous armés, équipés, pourvus de munitions et suivis de chariots de subsistances pour autant de temps qu'il se pourra.
« Clavière, Servais, Danton, Momge, Lebrun. »
Nous avons pu retrouver les noms et la destination de ces vingt-quatre commïssares. C'étaient :
Huguenin et Michaut, pour les départements du Sud-Est;
Soûles et Darnaudry, pour les départements du Sud-Ouest;
Martin et Daujon, ponr l'Yonne, la Haute-Marne et la Haute- Saône
Crosne et Laborie, pour l'armée du Rhin;
Gobeau et Cellier, pour la Normandie;
Xavier Audouin et Loi seau Grandmaison , pour les Deux- Sèvres et la Vendée;
Harou Romain et Sigaut, pour la Meurthe;
Chartrey et Michel, pour Saône- et-Loire, Rhône-et-Loire et l'Ain;
Legray et Janson, pour la Somme, le Pas-de-Calais et le Nord;
Félix et Bodson, pour Eure-et-Loir, la Sarthe, Ile-et-Vilaine. Paris fut adjoint à Fréron, pour la Moselle; Dufour à Momoro, pour le Calvados; Franchet à un sieur Morin, pour une destination dont nous' n'avons pu retrouver la trace; ■.- >.
Enfin, Billaud-Varennes fut envoyé au camp de Chàlons. De toutes ces missions, la plus importante était céiie qui
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NOTES
fut confiée à ce dernier1. Aussi reçut-il des pouvoirs spéciaux extraordinaires et du conseil général de la Commune et du pouvoir exécutif.
En voici la teneur -.
» 4 septembre 1792.
« ,Le conseil exécutif arrête : que M. Billaud-Varennes, l'un des membres de la municipalité provisoire , sera envoyé en qualité de commissaire du pouvoir exécutif à Chàlons, à l'effet d'y annoncer l'arrivée des soldats citoyens de la capitale, d'observer les dispositions faites pour l'établissement de l'armée qui doit s'y assembler sous les ordres du maréchal Luckner, d'alimenter le civisme et l'amour de la liberté qui conduit les troupes à la défense de' la liberté et de' l'égalité , de correspondre avec le conseil exécutif, et de l'informer régulièrement de tous les résultats de ses observations, et généralement d'y employer son zèle et ses talents à tous les objets d'utilité publique. »
« 5 septembre an matin.
« Le conseil général, conformément à son arrêté qui nomme vingt-quatre commissaires pour se rendre dans les différents départements, afin de pourvoir à tout ce qui intéresse le salut public, délègue à M. Billaud-Varennes, substitut du procureur de la Commune, tous les pouvoirs dont il croira avoir besoin, et avoue tout ce que sa sagesse lui dictera dans l'importante mission dont il est chargé. »
Les autres municipaux reçurent également une commission du pouvoir exécutif et un passe-port de la Commune. La commission était ainsi conçue :
« Commission pour le citoyen Soul'es,
« Au nom de la Nation , le conseil exécutif provisoire , en vertu de la loi du 28 août dernier et de la décision de ce jourd'hui, commet le citoyen Antoine Prosper Soulès, officier munt-
\. Voir ce que nous avons dît de la mission spéciale de Billaud-Varennes près de l'armée de Luckoer, livre XVI, p. 205-de ce volume.
iv 58
cipal qui nous a été indiqué par le conseil général de la Commune de Paris, à l'effet de faire auprès des municipaliiés, districts et départements telles réquisitions qu'il jugera nécessaires pour le salut de la patrie. En foi de quoi nous avons signé les présentes, auxquelles nous avons fait apposer le sceau de l'État. A Paris, le troisième jour de septembre 1792, an quatrième de la liberté, et le premier de l'égalité.
«Servan, Roland, Clavière, Dantox, Monge , Lebrun.
« Par le conseil ,
« G nouvelle , secrétaire. »
Le passe-port, délivré au même individu par la Commune, était conçu dans Informe ordinaire; la Commune s'effaçait pour faire prendre le change aux autorités départementales qui n'auraient peut-être pas voulu recevoir ses émissaires, s'ils s'étaient présentés en son nom seul :