MUNICIPALITÉ DE PARIS
« Laissez passer le sieur Antoine-Prosper Sotilès, officier municipal de la Commune de Paris, natif d'Avize, département de la Marne, âgé de vingt-neuf ans, chargé par le pou voir exécutif à l'effet de se transporter dans les départements pour le bien de la chose publique, et prions de lui donner aide et assistance en cas de besoin.
« Délivréàla maison commune de Paris, le h septembre 1702, )'an iv de la liberté et le 1" de l'égalité.
« Fjianchet, président; Meiiêe, secrétairegreffier adjoint. »
11 ne s'agissait plus que de procurer aux commissaires de la démagogie des moyens de transport pour se rendre à leur destination. La Commune prit à ce sujet une mesure irès-expéditive, ainsi que le prouve son arrêté en date du 5 septembre:
» Le conseil général, le procureur de la Commune entendu, arrête que les ateliers du sieur Pandroue, sellier, rue de Seine- Sain t-Oer main, seront fermés, et. attendu qu'il n'a pas de pa-
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tente, autorise le procureur de la Commune à prononcer la confiscation de tous les objets qui s'y trouvent.
« Messieurs. commissaires nommés po»r
les départements . , sont autorisés à partir sur le
champ et à choisir telle voiture qu'il leur plaira chez le sieur Pandroue. »
Après les voitures on saisissait les chevaux. Il y avait, pour ce dernier article, une administration'spéciale et des commissaires ad hoc. A la tête de cette administration se trouvait un ancien ouvrier typographe, capitaine d'une compagnie de volontaires de Seine-et-Oise, futur maréchal de France, Brune. L'amitié de Danton et de Camille Desmoulins lui avait fait confier ces fonctions moitié civiles et moitié militaires, qui commencèrent sa fortune. La réaction de 1815, sous les coups de laquelle il périt, voulut frapper dans sa personne au inoins autant le protégé des hommes de 1793 que le lieutenant de Napoléon '.
■1. Nous avons retrouvé les trois pièces suivantes à l'occasion de la mission spéciale qui Cul confiée à Brune en septembre 1705 :
« Nous, commissaire -général du pouvoir executif dans toute l'étendue de l'empire Français, commettons les citoyens Mallet, Duplessis, Boudin, l.ofévrc. Hérissant, Thuot, Boulanger et lîorret, à se transporter de Paris a Fontainebleau pour y faire la saisie des chevaux de luxe que le salut de la pairie exige, tant de selle que de carrosse, avec leurs harnais, selles, brides, traits' et autres ustensiles nécessaires à leur entretien, comme aussi les chariots superflus propres à faire des convois pour le transport des fourrages et vivres de l'armée; les autorisons, en outre, à faire la perquisition des armes a feu ut. autres, iuHriiiimenl 1k1-. fusils <ly rliassi; 1 eiiji.iijiiKjuS ;'l nos frs'res les 0 (liciers municipaux des lieux où ils passeront, au nom de la, nation et de la patrie en danger, d'employer toute la force que la loi permet pour l'exécution du présent ordre dont il sera dresse procès-verbal , ot'i il sera fait mention de la reconnaissance et du signalement des chevaux qui sera délivré au propriétaire, et qui sera à nous adressé dans le plus cour; délai.
« Donné à notre bureau de la commission générale. du pouvoir exécutif à Paris, le . . . septembre, l'an iV de la Liberté, iif de l'Égal i lé.
« Brune, commissaire général du pouvoir exécutif. «
u MUNICIPALITÉ DE PARIS.
« iVous autorisons nos concitoyens Mallet, Duplessis, Boulanger, Baudin, Lefèvrç, Hérissant et Berret, a parcourir les environs de Paris à dix lieues a
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Danton fît également donner une commission spéciale pour des livraisons de fusils à Guermeur, l'un des membres du fameux comité de surveillance, que Panis avait subrepticement introduit dans ce comité, le matin du 2 septembre. (Voir t. III, p. 215.) Cet ancien chef des bureaux de la ville avait été chargé de vérifier les papiers de Brissot et au besoin de l'arrêter1. 11 était devenu un embarras pour ceux qui l'avaient mis en avant; on ne trouva rien de mieux, afin de l'éloigner de Paris, que de lui donner une mission pour la Bretagne. Ce fut à l'occasion de cette nomination qu'eut Heu la scène que raconte Mm* Roland, dans ses Mémoires, et à la suite de laquelle le ministre de l'intérieur biffa la signature qu'il avait déjà apposée sur'Ia commission délivrée au protégé de Danton. Mais le ministre de la justice ayant obtenu la signature de ses autres collègues, Guermeur se contenta d'un pouvoir qui portait avec lui le témoignage de l'opposition impuissante de Roland.
la ronde, accompagné de six gendarmes, pour se saisir de tous les chevaux de luxe, et de ceux appartenant au* émigrés. Ils dresseront procès- verbal de leur saisie et nous amèneront tous ces chevaux.
« A la mairie, ce . . . septembre 1792, l'an iv* do la Liberté.
« Les ndmiiiismitoivs de police, membres du comité de surveillance générale,
«Duffobt, Lexfant, Dei'Oucues, Panis, Dufi.uk, Chanay, secrétaire.
« CONSEIL EXÉCUTIF T-hOVISOlftE.
Séance du SO novembre 4193.
« Le ministre de la guerre a présenté au Conseil un rapport concernant le compte des Trais occasionnés par la commission donnée au citoyen Brune dans le mois de septembre dernier, à l'effet de faire saisir et réunir les chevaux des particuliers qui pourraient être employés au service des armées. Le Conseil, délibérant sur cet exposé, arrête : qu'il sera fait un nouvel examen des objets énoncés dans ce compte; qu'il sera demandé au citoyen Brune des éclaircissements sur l'emploi des sommes qu'il présente comme dépenses secràlBâ; que néanmoins il sera pourvu à. l'acquittement des objets qui peuvent rester dus sur les frais de ladite commission.
n PAC HE, JlOSGE, ROLAXD, GaIIAT, LeOUU*, CuVIÈnB,
Ghouvelle, secrétaire- »