‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 206 sur 236 · Voir le Moniteur du * septembre · texte numérisé non relu

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NOTISS.

Voici quelle était la teneur de cette pièce :

« Le citoyen Claude-Michel Guermeur, assisté du fédéré Breton Jezégabel est chargé de se transporter à Brest et à Lorient, pour s'assurer s'il existe encore, dans les magasins et arsenaux des ports, des fusils qui puissent servir à armer les citoyens enrôlés. »

Avec ce pouvoir, Guermeur emportait une autre pièce qu'il s'était fait délivrer par ses collègues du comité de surveillance. « Mission lui était donnée d'éclairer le peuple et de l'engager à prendre les mesures les plus promptes pour le salut de la patrie; il était en conséquence autorisé à faire dans tons les départements de la ci-devant Bretagne et même dans ceux circonvoïsins, des perquisitions et des réquisitions de fusils, canons, armes, chevaux, poudres, etc., et ce au nom de la municipalité de Paris, qui s'engageait à tirer vengeance de toute violence, de toute opposition dont son délégué pourrait avoir à se plaindre dans l'exercice de son mandat. »

Ce singulier passe-port était signé.: Duffort, Sergent, Leclerc, Duplain, Panis, Deforgues, Marat l'Ami du peuple, Jourdeuil, Lenfant.

Les commissaires, qu'ils fissent partie des trente ou des vingt-quatre, avaient quitté Paris depuis quelques jours à peine, que des plaintes unanimes s'élevaient contre eux de tous côtés. Au lieu de surexciter l'enthousiasme général, ces dignes mandataires de Danton et de Marat semaient partout la lerreur et l'anarchie. Au lieu de prêcher la concorde et l'union, ils professaient les doctrines les plus subversives, excitaient les populations au mépris des autorités constituées, se permettaient de continuels abus de pouvoir, et répandaient à profusion des exemplaires de la fameuse lettre du comité de surveillance, invitant les départements « à imiter l'exemple que venait de donner Paris, en se débarrassant des traîtres par un massacre général 1 ».

1. Louvet rapporte un mot de Danton qui peint bien le caractère de cea singuliers missi dominkï: « Un député lui représentant la conduite qu'avait tenue l'un de ces effervescents, n'obtint de lui que cette justification : « Eu !

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438 HISTOMtE DE I.A TERREUR.

Dès le Î3 septembre, Roland expédiait à tous les corps administratifs une circulaire dans laquelle, lotit en cherchant à ménager Danton et ses amis, il désavouait des agents pourvus de commissions signées de sa propre main, et prétendait, après coup, qu'ils n'avaient été chargés que de concilier tous les cœurs, en faisant connaîfre aux populations tout ce qu'avaient d'aimable et d'utile les principes inaugurés par la révolution du 10 août.

Cette circulaire est trop curieuse pour que nous ne la donnions pas in extenso:

a AUX CORPS ADMINISTRATIFS.

« Paris, le 13 septembre 1792, l'an iv* de la liberté, le i" de légalité.

« Des plaintes de plusieurs départements, messieurs, me sont déjà parvenues contre des commissaires qui les parcourent, et qui sont envoyés par le pouvoir exécutif ou par la municipalité de Paris ; l'excès de zèle est sans doute le principe des irrégularités ou des erreurs qu'on leur reproche, et doit leur servir d'excuse. Mais, alin de leur rappeler le but de leur mission et de meure les administrateurs à portée de le juger, je vous adresse une copie des instructions, ainsi que de la formule de commission, que j'ai données à tous ceux que j'ai choisis. Vous verrez par elles qu'il s'agit uniquement de répandre les lumières par le simple exposé des faits et la plus grande publicité de tout ce qui peut éclairer l'opinion; de rallier les esprits aux principes de la justice et de l'égalité ; de leur concilier les cœurs par le développement de ce qu'elles ont d'aimable et d'utile pour leur application aux intérêts de tous ; enfin d'exciter l'attention générale et de porter l'activité de chacun sur les moyens de défense contre nos ennemis extérieurs. Si des pouvoirs ont été ajoutés à ces instructions , c'est pour en user dans le même esprit, et quiconque s'en écarte trahit sa destination.

f...... croyez-voiis qu'on vous enverra des demoiselles! » C'était, ajoute l'ami

de Roland, uo rude ministre de lu justice que ce monsieur-là! <•

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NOTES-

(t Quant aux commissaires de ]a Commune de Paris, à plus forte raison n'ont-ils et ne peuvent-ils employer que les moyens de la persuasion ; il est évident que la municipalité ne saurait avoir d'action et d'influence hors de son territoire que parles sentiments delà fraternilé. Il m'a été dénoncé un imprimé qu'on dit être envoyé de sa part, et qui renferme une invitation ù de grandes violences. Je suis porté à le croire supposé ; il est probablement l'ouvrage des ennemis de la Commune provisoire. Cette Commune doit son existence à une révolution nécessaire et qu'elle a bien servie. Il est possible sans doute que l'effervescence utile aux révolutions produise, après elle, des effets dangereux; mais elle doit se tempérer et se régler par le sentiment de cette justice qui demeure dans le cœur du peuple', et qui le porte à blâmer lui-même les excès auxquels on l'aurait entraîné contre ses propres intérêts, en profitant de son agitation pour servir des passions particulières.

« Une cour perverse a disparu; les Français ont juré de maintenir la Liberté, l'Égalité; ils ont appelé mie Convention pour les consacrer par un sage gouvernement ; ils n'ont plus qu'à se serrer, qu'à s'unir contre les ennemis du dehors, et à déployer autant de sagesse que d'énergie,

« Au nom sacré de la Patrie, je vous conjure et je vous ordonne de travailler courageusement à établir le règne de Y Égalité, à faire respecter les lois, dont la Convention nationale doit seule réformer ce qu'elles peuvent avoir de défectueux ; à honorer enfin l'humanité par le régime le plus propre à soutenir toutes les vertus morales et politiques.

« Le Ministre de l'Intérieur,

<t Roland. »

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