LA CONVENTION ET LA COMMUNE
En vertu des décrets des 10 et 12 août, la Convention devait se réunir le 21 septembre.
La veille, les nouveaux représentants du peuple tinrent une séance préparatoire dans la salle des Gent- Suisses, au palais des Tuileries. Jls s'empressèrent de constituer leur bureau. Un vote presque unanime décerna la présidence à Pétion ; quatre anciens membres de la Législative, Condorcet, Brissot, Vergnïaud et Lasource, deux ex-constituants, Rabaut-Saint-Étienne et Camus, furent élus secrétaires, fis appartenaient tous à l'opinion modérée.
La question de la vérification des pouvoirs aurait pu soulever de grandes et nombreuses difficultés. Les députés présents, qui ne formaient pas même la moitié de la nouvelle Assemblée1, y coupèrent court en décidant que
i. Le procès-verbal de la séance préparatoire porto que l'appel nominal constata la présence de 37*1 membres. Nous avons quelques raisons de douter de la véracité du fait constaté officiellement, car
celte vérification ne porterait que sur la formule des procès-verbaux et l'identité des élus.
Quelques voix timides contestèrent, il est vrai, la validité des élections faites par ceux des corps électoraux qui avaient apporté des restrictions à l'admission des électeurs. Mais, sous le prétexte « que le peuple souverain, réuni dans ses assemblées primaires, avait gardé le silence sur les mesures prises par les corps électoraux qui le représentaient , et que par cela même il avait ratifié leur conduite, on passa outre et on légalisa en bloc toutes les illégalités qui s'étaient commises à Paris et dans certains départements. »
Le 21, la Convention se réunit de nouveau aux Tuileries et fît notifier son existence officielle à l'assemblée dont les pouvoirs expiraient. C'était dire aux membres de la dernière législature non réélus à la nouvelle, qu'ils eussent à évacuer la salle du Manège, où devaient siéger à leur tour les nouveaux souverains de la France, jusqu'à ce que l'on eût approprié à leur usage le château des anciens rois4.
les noies laissées par un représentant du Nord, M. Fockedey, que nous avons eu occasion de consulter, font connaître qu'il n'arriva à Paris que le 24 septembre , quatre jours après la séance préparatoire, et que le Comité d'inspection de la salle lui délivra, ce jour-la, une carte qui portait le numéro 301. Il est très-probable que l'on confondit à dessein le nombre des députés dont l'élection était constatée par des procèsverbaux réguliers avec celui des députés présents.
1. Ces travaux d'appropriation des Tuileries, commencés en septembre 1792, ne furent achevés qu'au commencement de mai 1793. Le procès de Louis XVI eut lieu dans la salle du Manège. La Convention ne prit possession de l'antique palais des rois de France que
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