‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 29 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

ceptépar le peuple; déclarez aussi qu'il faut que les lois soient aussi terribles contre ceux qui y porteraient atteinte que le peuple l'a été en foudroyant Ja tyrannie; qu'il faut qu'elles punissent tous les coupables afin que le peuple n'ait plus rien à désirer; confondez toutes les idées de désorganisation ; déclarez que toutes les propriétés territoriales, individuelles et industrielles seront éternellement maintenues. Souvenez-vous ensuite que nous avons tout à revoir, tout à recréer; que la déclaration des droits elle-même n'est pas sans tache, et doit passer à la révision d'un peuple vraiment libre... Posez ces grandes bases en représentants dignes du peuple, et, après les avoir posées, levez votre séance; vous aurez aujourd'hui assez fait pour le peuple. »

Quoique accueillies avec la plus vive sympathie quant au principe, les propositions de Danton soulèvent une vive discussion quant à la forme. Enfin la Convention nationale proclame successivement « qu'il ne peut y avoir de constitution que celle acceptée par le peuple, que la sûreté des personnes et des propriétés est sous la sauvegarde de la nation ; que toutes les lois non abrogées, tous les pouvoirs non révoqués ou suspendus sont conservés; que les contributions actuellement existantes seront perçues comme par le passé. »

Déjà plusieurs orateurs avaient demandé incidemment que l'Assemblée décrétât solennellement l'abolition de la royauté en France. Collot d'Herbois s'écrie que l'Assemblée ne peut, sans être infidèle au vœu de la nation, différer un seul instant la proclamation de ce grand principe. « Ce n'est pas la royauté, ajoute Pévêque constitutionnel

de Blois, Grégoire, c'est Louis XVI qu'il faut punir. Toutes les dynasties n'ont jamais été que des races dévorantes qui ne vivent que de chair humaine. Les rois sont dans l'ordre moral ce que les monstres sont dans l'ordre physique. L'histoire des rois est le martyrologe des peuples. »

L'Assemblée, convaincue par des raisons aussi péremptoires, décrète, au milieu des plus vifs applaudissements :

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