‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 33 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

comme par hasard : « N'est-il pas à craindre que Paris, qui a tout fait pour le bien de l'empire, ne puisse devenir la cause de son malheur? » Et, pour résoudre celte grave question, Roland, à travers mille circonlocutions, émettait une idée qui, depuis quelques jours, était vivement agitée dans les conciliabules secrets de la Gironde : « La Convention nationale, investie de la confiance publique, devrait se prémunir contre certains mouvements en s'entourant d'une force armée imposante, d'une troupe soldée, »

N'était-ce pas rétablir, à l'usage de la Convention, la garde constitutionnelle du roi, que les amis de Roland avaient fait dissoudre quelques jours avant le 20 juin4? Les girondins étaient ainsi obligés de recourir aux armes qu'ils avaient brisées entre les mains des feuillants. Cette contradiction manifeste ne pouvait échappera leurs nouveaux ennemis, qui devaient leur opposer leurs propres paroles et leurs propres actes.

Le ministre ne faisait, du reste, que mettre en avant un projet que ses amis s'étaient réservé de reproduire à la première occasion favorable ; sans le développer, il se hâtait d'aborder des questions moins irritantes. Passant en revue toutes les parties de son administration , il déclarait « que les services hospitaliers étaient en souffrance, les routes en mauvais état, l'agriculture, l'industrie, le commerce et les arts dans la pire situation. Le mal, disait-il en terminant, serait irrémédiable si on ne réprimait pas l'anarchie, si on ne rétablissait pas la paix

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