LIVRE XV
blée comprend que ce n'est qu'à force de calme et de dignité qu'elle peut conjurer l'effroyable apparition du spectre de Septembre. Le silence se rétablit, et les accusations les plus précises viennent se formuler contre la Commune de Paris.
« J'atteste, dit Boileau, que l'assemblée électorale de l'Yonne m'ayant délégué pour aller au-devant des commissaires du pouvoir exécutif, — ceux-ci m'ontditquela Commune de Paris s'était emparée de tous les pouvoirs, qu'elle était décidée à exercer la surveillance la plus active sur tous les actes du conseil exécutif et de l'Assemblée nationale ; qu'elle invitait les autres communes à se défier des administrateurs et des généraux , à se rallier à elle! »
« Autantde calomnies! » crieTallien.
« Je veux, dit Cambon, attester ici devant mes nouveaux collègues ce dont j'ai été témoin comme membre de l'Assemblée législative; je veux renouveler devanleux une dénonciation qui a été faite à nos prédécesseurs sans qu'ils aient eu le temps d'y faire droit : Je déclare avoir vu afficher dans Paris un imprimé où l'on disait qu'il n'y avait d'autre moyen de salut public que le triumvirat. Cet imprimé était signé Marat. »
En entendant de nouveau prononcer son nom, Y Ami du peuple bondit et apostrophe l'orateur; mais Cambon ne s'émeut pas, et, faisant allusion à l'une des scènes les plus douloureuses des journées de septembre, à la démission présentée par Vergniaud au nom de la commission extraordinaire1, il s'écrie : « Oui, j'ai vu, en des jours de