‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 53 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

blée n'ont pas encore satisfait à cette formalité. Quant aux dépôts qui lui ont été confiés, je puis assurer qu'elle n'en a point abusé...

— « Et les prisonniers du 2 septembre? » lui crie-t-on. Tallien feint encore de ne pas entendre. Il avoue que

plusieurs anciens officiers municipaux ont désobéi a l'arrêté qui exigeait qu'aucun d'eux ne se retirât sans avoir préalablement rendu ses comptes. Il avoue également que les comptes du comité de surveillance ne sont point apurés. Maïs le conseil général rendra les siens. « Ce sera, ajoute-t-il, un nouveau triomphe pour la Commune de Paris et un moyen victorieux de détruire les calomnies dont elle a été l'objet. Son compte sera clair, exact, précis, et répondra parfaitement à ceux qui méconnaissent les services que la Commune de Paris a rendus à la chose publique. On voudrait faire oublier qu'elle a fait la révolution du 40 août... »

— « Et celle du 2 septembre* ? » répètent encore plusieurs voix au moment où Tallien descend de la tribune- Cette date fatale revenait ainsi sans cesse, comme un

glas funèbre rappelant le souvenirdes victimes, et apprenant aux prescripteurs que l'heure de leur punition pouvait sonner d'un moment à l'autre.

'1. Le Moniteur, qui supprime très- vol ontiers tout ce qui peut être désagréable aux montagnards, no .mentionne pas ces deux interruptions. Le Journal des Débats et Décrets nous les a conservées, p. 180 et 185.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

L'Assemblée semble vouloir en finir ; elle décrète que dès le lendemain, 1" octobre, le ministre de l'intérieur fera un rapport écrit sur les mesures prises pour l'exécution du décret concernant la municipalité et les comptes qu'elle doit rendre.

Maïs le lendemain, nouvel incident, pour l'explication duquel nous sommes obligés de remonter de quelques jours en arrière. Le conseil général de la Commune, comme nous l'avons vu, avait résolu de faire de son ancien comité de surveillance le bouc émissaire de toutes les iniquités commises depuis six semaines, il avait révoqué de leurs fonctions les membres qui y siégeaient le 2 septembre, il leur avait même interdit de s'immiscer dans aucune fonction municipale sous peine d'être poursuivis, suivant la rigueur de la loi1; maïs Panis, Sergent et leurs amis n'avaient tenu aucun compte de ces arrêtés; ils étaient restés nantis des objets précieux et des papiers sur lesquels ils avaient mis la main.

Devant cette résistance passive, le conseil avait simulé une très-violente colère; le 29 septembre, au moment où, par l'organe de ses défenseurs officiels et officieux, il s'efforçait de décliner toute solidarité entre lui et l'ancien comité, il avait ordonné :

1* Que les membres de ce comité seraient mandés à

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