LIVRE XV
leurs motifs ; h se faire représenter la correspondance des personnes arrêtées, et généralement toutes les pièces tendant on à leur justification ou à donner des preuves des délits dont ils sont accusés, pour en faire le rapport à la Convention nationale, et pour être par elle pris telle détermination qu'elle jugera convenable;
« La Convention décrète en outre que le rapport du comité de sûreté générale sera imprimé et envoyé aux quatre-vingt-trois départements. »
Le surlendemain, h octobre, Valazé présente, au nom des Vingt-quatre a, le rapport provisoire sur le travail de dépouillement et d'examen auquel les commissaires se sont livrés, par suite de la remise que le comité de surveillance de la Commune a été obligé de leur faire de tous ses papiers. Il annonce qu'il faudrait des mois entiers pour dresser l'inventaire complet de ces dossiers, « renfermés dans quatre-vingt-quinze cartons, six boites., dont une de trente-quatre pieds cubes, vingt portefeuilles, trente-quatre registres, et des pièces innombrables jetées pêle-mêle dans des sacs à blé. »
— « Jusqu'à présent, dit un autre membre de la com-
\, La commission, dans laquelle, comme on l'a vu plus haut, ne pouvait, siéger aucun représentant ayant appartenu aux deux premières Assemblées ou appartenant à la députa ti on de Paris, fut ainsi composée : lîarbaroux, Cavaignac, Lehardy, Biroteau, Bailly, Dernier, Daubermesnil, Delbrel, Laurenceot , Lejcune, Dorazey (de l'Indre}, Valazé, Delahaye, Vernier, Petitjean, Laurent (du B:is-Rliin), Bailleul, Philippeaux, Lesage, Boutroùe, Pelletier (du Cher). Froger, Drouet, Poulai» -Grand pré. {Journal des Débats et Décrets, 11° XII, p. 207.) Cette commission joua un grand rôle dans le procès do Louis XVI, comme nous le verrons dans le volume suivant.
mission, Lehardy, quoique nous ayons interrogé les accusateurs et que nous les ayons sommés de prouver leurs dires, nous n'avons rien trouvé qui fut relatif à la dénonciation faite d'une manière si vague et si perfide contre les membres des anciennes assemblées. Nous avons en main la preuve de beaucoup de faits à la charge du ci-devant roi et des agents de sa liste civile, mais rien qui puisse incriminer ni des hommes qui, dans l'Assemblée législative, ont employé leurs veilles à déjouer l'aristocratie, ni ce ministre vertueux qui jouit de l'estime de la nation entière1. »
Un troisième commissaire, Biroteau, ajoute : « Nous sommes tous convaincus, par l'examen auquel nous nous sommes livrés, que la dénonciation faite à cette barre n'était qu'une calomnie dirigée par les membres du comité de surveillance contre plusieurs de nos collègues qu'ils ne nomment pas, qu'ils sont dans l'impuissance de nommer; mais nous devons dire à la charge de ces mêmes membres du comité, que nous avons trouvé des documents qui prouvent l'innocence de plusieurs personnes massacrées dans les prisons... »
L'orateur est interrompu par un mouvement d'horreur. « Ils ont été sacrifiés, continue-t-il, parce que celui qui expédiait les mandats d'arrêt s'était trompé sur leurs noms. »
1. L'orateur entendait parler de Roland, que les meneurs de la Commune avaient voulu au?si englober dans leurs accusa lions, à raison d'une lettre dans laquelle la corn mission déclara n'avoir vu « que le ^langage d'un homme probe qui gémît des excès auxquels on entraîne <p peuple. »