‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 58 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

L'indignation est au comble dans l'Assemblée et même dans les tribunes. Bi poteau poursuit:

u Nous avons demandé au comité de surveillance de nous indiquer les pièces à l'appui de sa dénonciation. 11 ne nous a remis que des lettres, la plupart insignifiantes. On a trouvé une liste de personnes contre lesquelles des mandats d'amener devaient être lancés. Nous avons fait venir toutes ces personnes, nous les avons interrogées, eh bien ! ces interrogatoires n'ont servi qu'à prouver leur innocence et leur civisme. »

On demande a grands cris la mise en accusation des massacreurs.

« Il failt, s'écrie Kersaint, que l'Europe sache que quelques scélérats ne sont pas la nation, et que ces scélérats vont être punis par elle1, n

— « II est temps que les factieux rentrent dans le néant, reprend Biroteau au milieu d'applaudissements prolongés. Il est temps que le peuple de Paris, peuple bon et juste, mais trop facile à séduire et qui a donné jusqu'ici une confiance aveugle à quelques intrigants, connaisse ses véritables amis... »

— «Oui, oui! » s'écrie la majorité; la minorité murmure.

« Vos commissaires ont rougi de servir d'instruments à une faction qui mérite d'être dévoilée, et qui , -dans la postérité la plus reculée, sera un objet d'opprobre pour tous les Français. »

1 . Journal des Délais et Décrets , p. 531 , Le Moniteur dédaigne encore, dans cetle occasion, d'indiquer les interruptions qui donnent la véritable physionomie de la séance.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Les montagnards bondissent.

« Je demande que la Convention charge les commissaires qu'elle a nommés de dresser un état raisonné de leurs opérations, non pas seulement en.ee qui concerne la dénonciation faite parles membres du comité de surveillance, mais encore pour tout ce qui pourra servir à dévoiler les factions dont je parle. 3e demande que dès demain la Convention s'occupe de l'organisation de la force armée des départements qui doit garder Paris. »

Osselin essaye de présenter la défense de ses amis de l'Hôtel de Ville. Il fait observer que les commissaires de la Convention qui crient à la calomnie devraient euxmêmes n'accuser que pièces en mains. Marat vient au secours d'Osselin et prétend que le comité de surveillance a fourni des pièces authentiques qui prouvent le projet formé par les agents de la cour de corrompre certains membres de la Législative pour rejeter sur la nation des dépenses qui devaient incomber à la liste civile ; et Y Ami du peuple se met à parler d'un portefeuille qui, dit-il, « contient des pièces très-importantes. »

« Ce portefeuille, répond Barbaroux, renferme des pièces qui prouvent les manœuvres des agents de la liste civile; mais, en môme temps, l'examen sommaire des pièces qu'il contient nous a déjà convaincus que les membres du comité de surveillance vous en ont audacieusement imposé, quand ils vous ont affirmé qu'ils possédaient les preuves et la liste d'une distribution d'argent faite pour corrompre des membres de la Législative.

« Les soupçons tombaient principalement sur Ribes.

Page 1