‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 61 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

massacre, liberté signifie licence, pour qui la pairie enfin ne signifie que parti et faction. Malgré mes prières, mon département m'a donné de nouveau sa confiance; mais cette confiance, je ne l'ai pas obtenue sous l'auspice des poignards, je ne la dois pas à la terreur et à l'épouvante dont ici, à Paris, tous les citoyens étaient saisis. Je m'en liens à ce mot. »

L'Assemblée ratifie par de frénétiques acclamations cette condamnation des élections parisiennes, et adopte la rédaction définitive du décret proposé dans le but d'investir les Vingt-quatre de pouvoirs illimités pour la vérification des pièces que leur a remises le comité de surveillance. Puis, la séance est levée sans que l'on songe à prendre des résolutions plus énergiques et surtout plus efficaces.

Les injonctions réitérées de la Convention et du ministre de l'intérieur avaient forcé la municipalité parisienne à avancer de quelques jours l'époque primitivement fixée par elle pour le commencement des opérations électorales. Les quarante-huit sections avaient été convoquées pour procéder, le h octobre, à l'élection du maire. Aussitôt, la question du mode de votation fut remise sur le tapis au club des Jacobins. Le scrutin secret était le seul mode légal, mais le vole à haute voix avait été audacieusement pratiqué pour l'élection de la députation parisienne, et la Convention avait cou-

vert de sa tolérance celle illégalité flagrante en n'élevant aucune contestation sur la validité des pouvoirs de Robespierre, de Danton et de leurs collègues. Enhardis par ce précédent, les orateurs de la salle Saint-Honoré développent sur tous les tons la théorie inventée récemment par les meneurs de la démagogie : Le peuple, chaque portion du peuple, et par conséquent dmr/ue seclion, a le droit d'user de sa part de souveraineté comme bon elle l'entend.

Cette singulière théorie n'était n'en moins que la négation de toutes les lois. Mats les Jacobins n'y regardaient pas de si près. Ils invitèrent donc leurs afîidés à soutenir et à faire adopter dans leurs sections respectives le mode de votation publique à haute vois.

La proposition en ayant été faite dans la plupart des sections, un certain nombre d'entre elles envoyèrent des députations à l'Assemblée nationale pour lui demander de rendre d'urgence un décret qui substituât le vote à haute voix, au scrutin secret, non-seulement pour l'élection du maire, maïs encore pour le renouvellement du conseil général.

Pendant trois jours, ces députations se succèdent à la barre sans obtenir le moindre succès. Enfin , le 7, la section des Gravilliers revient à la charge, et ses délégués lisent une adresse où , tout en prolestant de leur respect pour les décisions de la Convention, ils revendiquent à chaque phrase ïa liberté absolue dont doit jouir le peuple souverain assemblé dans ses comices. Cette adresse se terminait ainsi : « Nous ne souffrirons pas que le despotisme sénatorial remplace le despotisme monarchique;

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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