‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 64 sur 236 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

« Le texte ordinaire des déclamations de tous les ennemis de la liberté, c'est la tyrannie du peuple de Paris, comme si les Français de Paris étaient d'une autre nature que ceux qui habitent les autres contrées de la France!... Paris fut l'écueit du despotisme royal. 1! est destiné à être celui de toutes les tyrannies nouvelles. Aussi, tant qu'il y aura en France dés ambitieux qui méditeront des projets contraires à la cause publique , ils chercheront à calomnier , à détruire Paris... »

Prudhomme, dans ses Révolutions, Marat, dans son Journal de la République 3 font chorus à Robespierre; mais c'est surtout dans la salle Saint-Honoré qu'éclatent les colères montagnardes. Furieux de voir leurs amis en minorité dans le sein de la Convention, et les nouveaux conventionnels se montrer très-peu disposés à se faire inscrire sur la liste de leurs adeptes1, les jacobins attendaient l'occasion de frapper un grand coup. Le rapport de Buzol la leur fournit. Ils le regardent comme une déclaration de guerre et veulent user de représailles envers la Gironde. Ne pouvant atteindre l' es-constituant qui avait été jadis l'un des

1. Au commencement de la session, 1-13 députés seulement sur i49 étaient membres de la société des Jacobins {Journal du club des Jacobins, n° CCLXXVU). Encore la plupart de ces 413 avaientils fait partie de l'Assemblée législative, et étaient-ils inscrits de longue date sur les listes de la société. Beaucoup appartenaient au parti de la Gironde. Ceux-ci en Turent successivement exclus et remplacés par des députés, flottants et incertains durant les premiers mois, mais qui se rallièrent aux jacobins, dès que ceux-ci devinrent les plus forts.

m HISTOIRE DE LA. TERREUR.

fondateurs du club, mais qui s'était bien gardé, à son retour à Paris, de se faire réinscrire sur ses registres, ils font tomber leur ressentiment sur le député qui, à tort ou à raison, passe pour le cbef du parti. Brissot, par une décision solenuelle, est exclu de la société pour avoir osé mal parler de la Commune de Paris. Chabot formule la sentence, et la société la vote par acclamation1.

L'excommunication fulminée, aux Jacobins, par le capucin Chabot n'intimida pas Brissot et ses amis. La commission des Vingt-quatre, on se le rappelle,, avait été chargée d'examiner toutes les questions qui se rattachaient à la gestion de la municipalité parisienne. Elle se trouvait saisie de l'examen de pétitions signées par des citoyens qui n'avaient pas pu obtenir le récépissé des dépôts d'or et d'argent faits à la Commune. Le 10 octobre, par l'organe de l'un de ses membres, Bailleul, elle annonce qu'à l'occasion de ces pétitions des faits graves lui ont été révélés, mais que les immenses occupations dont elle est surchargée ne lui permettent pas de donner à l'instruction de celte partie des comptes municipaux tout le temps nécessaire; qu'en conséquence il y a

■I. Brissot, à l'occasion de son expulsion de la société des Jacobins, publia une brochure pleine de révélations très- importa nies. Elle est intitulée: J.-P. Brissot, à tous les républicains de France, sailli société des Jacobins de Paris. Elle a été reproduite in extenso dans \' Histoire ■parlementaire de Bûchez et Roux, t. XX, p. 123.

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