‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 7 sur 236 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

ta Commune de Paris, commissaires de sections ou particuliers.

Le ministre de l' intérieur venait d'avouer son impuissance et sod impéritie. Il était dit que ce jour-là l'Assemblée devait entendre des aveux du même genre de la part d'un magistrat chargé, lui aussi, d'une immense responsabilité. A peine Vergniaud est-il descendu de la tribune1 que Pélion paraît à la barre, conduisant une nombreuse députalion du conseil général de la Commune.

Il commence sa harangue par cette phrase d'une solennité ridicule : « Ma tête a toujours été dévouée à la liberté de mon pays; elle tombera avant que le maire de Paris cesse de remplir ses devoirs. » Il énumère avec complaisance tous les efforts qu'il a faits pour le rétablissement de l'ordre. Il cherche à faire admettre une distinction entre le conseil général et le comité de surveillance, auquel seul il faut imputer les derniers mandats d'amener dont l'Assemblée nationale s'est émue à si juste titre. Il déclare, comme Roland l'avait fait avant lui, qu'il est sans pouvoir et sans force ; il avoue avec douleur qu'il est toujours le dernier instruit de tout ce qui se passe. Son discours se termine par une phrase où achève de se révéler ce personnage chez lequel la dupli-

\. Journal des Débals et Décrets, séance du 47 septembre, a" 337, p. 326.

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cité n'excluait pas la niaiserie : « Tout ce que je désire, c'est d'être averti avant que les forfaits commencent; car, lorsqu'ils sont commencés, on ne sait plus où placer la force publique, on ne sait quel usage en faire, quel langage tenir, quels moyens employer, et le crime se consomme. »

Le président, c'était le courageux Dubayet, congédie Pétion et la députât ion de la Commune par ces quelques paroles : « L'Assemblée qui a détruit le despotisme et qui résiste encore aux tyrans de l'Europe, saura bien affronter les poignards de quelques scélérats l »

Le conseil général était averti, et par les décrets rendus coup sur coup contre ses commissaires et par l'accueil que la députation venait de recevoir à l'Assemblée. Il comprit qu'il était pins que temps de séparer définitivement sa cause de celle de son comité de surveillance.

Dès le lendemain du jour où le président de l'Assemblée nationale avait si vertement admonesté le maire elles municipaux qui l'accompagnaient, le conseil général, dans une séance extraordinaire présidée par Pétion en personne, mande à sa barre Panis, celui-là môme qui s'était permis un si étrange abus de pouvoir en introduisant, de sa seule autorité, dans le comité de surveillance, des membres qui ne faisaient partie ni de la nouvelle ni de l'ancienne municipalité. Panis essaye de tenir tête à l'orage. H se déclare prêt à présenter la justification complète du comité et à prouver que ses collègues et lui n'ont jamais cessé d'être animés et dirigés par le plus pur patriotisme.

Pétion lui répond. Mais, fidèle à ses habitudes de

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