‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 73 sur 236 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

son sang, ayant à ses côtés ses pistolets déchargés; il était revêtu de son habit de garde national, portait la croix de Saint-Louis sur la poitrine et avait encore l'épée au côté.

Le lendemain, la garnison de Verdun sortit de la place, emportant avec elle le cadavre de Beaurepaire; elle se retira à Sainte-Menehould . où elle rejoignit l' avant-garde de l'armée avec laquelle Dumouriez allait essayer d'arrêter l'ennemi dans les délilés de l'Argon ne J.

Le duc de Brunswick maintint son camp sur les hauteurs où il l'avait placé primitivement, et ne lit entrer dans Verdun que quelques bataillons pour occuper la citadelle. La municipalité fut conservée ainsi que le directoire du district.

La curiosité attira au camp austro-prussien un grand nombre d'habitants appartenant à toutes les opinions;

4 . Sainte-Menehould avait déjà, quelques jours auparavant, clé le point de ralliement : i° du général Galbaud, envoyé avec deux bataillons, par Dumouriez, pour secourir Verdun et qui n'avait pu entrer dans la place déjà investie; 2° des deux bataillons de la garnison de' Longwy. Ces quatre bataillons, réunis aux trois mille cinq cents hommes sortis de Verdun avec armes et bagages, furent le noyau de la petite armée qui garda les passades de l'Argonne avant que Dumouriez, encore à Sedan, eût pu s'y porter. Dumouriez dit lui-même que le rassemblement de troupes concentrées à Sainte-Meneliould dans les mains de Galbaud fut une de.* causes du salut de la Champagne et de la France. [Mémoires de Ùiummriez, livre lit, pages. 333 et 2ti2.)

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HISTOIRE DK LA TERHEUK.

mais il n'y eut, comme les défenseurs officieux du régime de la Terreur se sont plu si souvent a ie répéter, ni bal donné, ni députation déjeunes filles envoyée, ni harangue prononcée 4. Le roi de Prusse ne mit pas le pied dans Verdun. Le prince, son fils, y vint quelquefois, mais toujours en simple particulier. Quelques jours plus tard, il est vrai, les deux frères de Louis XVI, le comte de Provence et le comte d'Artois, quittèrent leur quartier général d'Hettauge, près de Thionville, se rendirent à Verdun et y séjournèrent pendant quelque temps, mais sans qu'aucune réception officielle leur ait été faite. Leur principal agent, Galonné, les accompagnait. Se tenant sur les derrières de l'armée, il parlait au nom des princes, qui eux-mêmes prétendaient parler au nom de leur frère prisonnier; revêtu des pouvoirs civils les plus étendus, il réorganisait à sa manière le pays occupé par les Austro-Prussiens; il délivrait toute sorte de brevets ou de commissions pour le compte de la royauté légitime.

En sa qualité d'ancien ministre des finances, il n'ignorait pas que l'argent est le nerf de la guerre; aussi ne négligeait-il pas de faire verser entre les mains du

1 . La preuve de ces assertions se trouve dans l'enquête même qui fut faite aussitôt après la reprise de Verdun. Celte enquête ne saurait être taxée de partialité en faveur des habitants qui auraient pactisé avec l'émigration, puisqu'elle fut dirigée par les démagogues les plus fougueux du département de la Meuse. Ce fut pourtant sous cette accusation injuste que sept jeunes filles de Verdun et plusieurs de leurs parentes et amies furent traduites au tribunal révolutionnaire, qui les condamna à mort. Nous consacrons à ce lugubre épisode de l'histoire de la Terreur uuo note spéciale, que l'on trouvera à la fin de ce volume.

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