LIVRE XVI
pièces sur la place même (le l'Hôtel de Ville; puis ils forment un rond autour des cadavres et dansent la carmagnole, en criant : « Voilà comme il faut traiter les aristocrates1! »
A la nouvelle de ce meurtre, Dumouriez expédie au général Beurnonvïlle l'ordre de l'aire assembler le bataillon de fédérés dit le Républicain hors du village de Launoy dans lequel il est cantonné; de le placer au centre d'un bataillon carré d'infanterie, d'artillerie et de cavalerie; de lui faire enlever ses armes, ses canons, ses habits et ses drapeaux, afin de le contraindre à livrer les coupables. Ceux-ci doivent être dirigés pieds et poings liés sur Paris; le reste du bataillon sera licencié et tenu d'aller se représenter devant sa section. Si la moindre résistance est tentée, le général Beurnonville est autorisé, après avoir renouvelé trois fois l'injonciion d'obéir, à user de la force et à n'épargner aucun rebelle. Les ordres du général en chef sont accompagnés de la proclamation suivante, destinée à être lue sur le front du bataillon avant son licenciement :
« Au quartier général do Vduziers, fe 8 octobre 4792, l'an I" de la République î.
u Hommes criminels, que je ne puis nommer ni ci-
1 , L'histoire des quatre déserteurs émigrés a eu un tel retentissement par suite de3 discussions auxquelles, pendant quatre mois, donnèrent lieu, à la Convention et aux Jacobins, les mesures prises par Dumouriez, que nous avons cru devoir consacrer à cet épisode une nolo spéciale, que l'on trouvera à la fin de ce volume.
â. Cette proclamation n'est pas au Moniteur. Elle se retrouve au Journal des Débats et Décrets, n° 21, page 384.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
HISTOIRE Dlî LA TERREUR.
toyens ni soldats , la France entière frémit du crime affreux que vous venez de commettre. La vengeance des lois pèse sur vos têtes coupables. Livrez vos armes et soumettez -vous, ou sinon vous serez mis à mort sans miséricorde.
« Le lieutenant générai Beurnonville a l'ordre de vous envoyer à Paris, sous l'escorte de cent hommes de la gendarmerie nationale. Là vous serez jugés. S'il se trouve parmi vous quelques hommes qui aient encore des sentiments dignes de la République française, ils nommeront, ils livreront eux-mêmes les cannibales qui ont porté leurs mains sanguinaires sur quatre malheureux déserteurs prussiens, qui ont déshonoré la France, qui ont souillé nos victoires. Mais, dans aucun cas, aucun de vous ne peut avoir l'honneur de servir la patrie. Car ceux d'entre vous qui ne sont pas des scélérats, sont des lâches qui n'ont pas osé s'opposer à un crime. Yos drapeaux seront rendus à vos sections; vos habits et vos armes seront distribués à de vrais soldats. « Le général en chef,
« Dumouriez. »
Le bataillon M au conseil, qui était moins compromis, devait rester jusqu'à nouvel ordre en dehors de Mézières, dans un cantonnement très-resserré.
En même temps que Dumouriez transmettait au ministre de la guerre toutes les pièces pouvant servir à éclairer le conseil exécutif sur la déplorable affaire de Retbel, il dénonçait à la Convention la tache que des misérables, déguisés sous le respectable habitde soldats-
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