‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. quatrièmeChapitre 84 sur 236 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

« Mes amis, mes frères ou mes enfants, car je suis vieux, dit-il, j'ai vu arriver votre bataillon avec plaisir. A son air imposant, à sa bonne tenue, je l'aurais pris pour une vieille troupe réglée. Il s'élait glissé parmi ces braves gens quelques mauvais sujets; mais je les ai chassés, ou pour mieux dire, c'est le bataillon lui-même qui les a renvoyés.

u J'ai placé ce bataillon au poste d'honneur parce qu'il en est digne» et j'espère que vos frères d'armes auront l'honneur d'entrer les premiers dans le Brabant. Je les regarde comme mes amis et mes enfants, desquels je suis sûr. »

Une souscription ayant été ouverte en faveur des fédérés des Lombards qui, comme tout le reste de l'armée française, manquaient en ce moment d'habits et de souliers, le général s'inscrivit le premier et déposa sur le bureau une somme de deux cents livres. Enfin, au moment de partir, Dumouriez s'écria : « Mes enfants, permettez que j'embrasse toute l'assemblée dans la personne du président1. » Une accolade fraternelle termina dignement cette scène de haute comédie politique.

Enhardi par le brillant succès de son expédition aux Lombards, Dumouriez n'hésita pas à s'aventurer sur un terrain plus dangereux, le club des Jacobins. Il n'y avait pas paru depuis le jour fameux où, entrant pour la première fois au ministère, il était allé, au sortir de l'audience de Louis XVI, se coiffer du bonnet rouge dans la salle Saint-Honoré et faire confirmer la nomination

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