Moniteur, n
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
royale par la toute-puissante société. Les jacobins tenaient à honneur de ne pas paraître s'engouer du héros du jour. Robespierre avait recommandé à ses adeptes de s'abstenir de tout ce qui pourrait avoir l'air de !a moindre flatterie *.
Se voyant reçu avec cordialité mais sans enthousiasme, Dumouriez court vers Robespierre, l'embrasse avec effusion et provoque ainsi d'unanimes applaudissements. Puis, au lieu de demander immédiatement la parole, il va, avec son compagnon Santerre, s'asseoir sur le premier banc qui se trouve libre, et parait écouter avec la plus vive attention la lecture de la correspondance. Quand , enfin, il est appelé à la tribune, il prend le ton modeste et ne parle de ses succès que pour déclarer qu'il n'a fait qu'acquitter la dette sacrée qu'il devait à la République. « Frères et amis, ajoule-t-il, vous avez commencé une grande époque, vous avez déchiré l'ancienne histoire de France qui n'offrait que le tableau du despotisme. D'icià la fin du mois, j'espère mener soixante mille hommes attaquer les rois, et sauver les peuples de la tyrannie. Nous ne sommes point fatigues; les jeûnes, la misère, la faim ne nous épouvantent pas. Nous rendrons aux despotes ce qu'ils ont voulu nous donner. i>
« Lorsque Lafayette, réplique Danton, qui occupait le fauteuil de la présidence, lorsque cet eunuque de la révolution prit la fuite, vous servîtes déjà bien la République en ne désespérant pas de son salut. Consolez-
). Voir l'article que Robespierre consacre à cette réception dans le deuxième numéro des Lettres à ses commettants.
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