LIVRE XVI
provisionnerai en ts et d'effets militaires, une frégate et une corvette armées, un arsenal maritime en parfait état. Dès le 29, Montalban capitule et le lendemain, 30, Villefranche suit son exemple.
Un orage affreuï ayant fait déborder le Var et rendu la mer impraticable, Anselme se trouve un moment fort embarrassé de sa facile victoire. Séparé du gros de son armée et sans communications avec la-flotte, il se voit exposé au retour offensif de l'ennemi. Afin de lui faire croire que rien ne l'arrête dans sa marche en avant, il expédie, le 1er octobre, quelques dragons et chasseurs corses jusqu'aux portes de Saorgio; mais là les Piérnontais s'étaient retranchés en forces, couvrant la roule de Coni et le Piémont. L'avant-garde française, après avoir essuyé une vive fusillade, est obligée de se rabattre sur Broglio, qu'elle occupe le 3 octobre, et le général Brunei s'établit en observation à Sospelto avec deux mille hommes. On ne pouvait faire plus. Le 12 octobre, Anselme, toutes ses troupes réunies, ne comptait encore que douze mille hommes dans sa petite armée.
Mais laissons Montesquiou et Anselme jouir de leurs faciles triomphes et remontons du midi vers l'est; car, pour faire connaître l'ensemble des affaires mililaires.au milieu d'octobre 1792, il ne nous reste plus qu'à exposer ce qui se passait en Alsace et sur les bords du Rhin.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
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Pendant que Dumouriez et KeJlermann accouraient, l'un de Valenciennes, l'autre de Metz, pour arrêter l'invasion prussienne dans les plaines de la Champagne, que l'armée du midi s'ébranlait pour conquérir Nice et la Savoie, Biron, commandant en chef de l'armée du Rhin, avait été condamné à une inaction forcée. Le mouvement de Kellermann avait découvert son flanc gauche et il s'était trouvé réduit à observer les mouvements de l'armée autrichienne. Mais l'incurable jactance des émigrés qui suivaient l'armée ennemie vint bientôt en aide à Biron. Ils persuadèrent aux généraux autrichiens qu'ils n'avaient rien à craindre des rassemblements de volontaires formés sur les bords du Rhin depuis Wissembourg jusqu'à Bàle, et qu'ils pouvaient, sans le moindre danger, diriger la plus grande partie des troupes dont ils disposaient sur Thionville. Le siège de cette petite place traînait en longueur, grâce à la vigoureuse résistance des habitants et du général Wimpfen ; grâce aussi , il faut le dire, aux pluies torrentielles qui, pendant le mois de septembre, ne cessèrent de tomber et qui avaient inondé les travaux. L'armée ennemie qui, depuis un mois, se voyait réduite à l'impuissance, demandait aux corps qu'elle avait laissés en réserve dans le Palatinat des renforts en hommes et en munitions.
Le Palatinat se trouva bientôt dégarni. Spire, la première ville que l'on atteint lorsque, franchissant la